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Protection sociale : la Pologne (septembre 2005)
Dernier volet de notre dossier sur la protection sociale au sein des dix nouveaux pays membres de l'Union Européenne, à la lueur d'une récente étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). Gros plan sur la Pologne.

Une situation contrastée. Des huit pays de l'ancien bloc de l'Est récemment entrés dans l'Union européenne, la Pologne est le seul à avoir vu son PIB progresser (+20%) entre 1990 et 2000. Ceci étant, ce PIB par habitant ne représentait encore en 2002 que 41% du PIB moyen de l'Europe des 15.

 

Après avoir stagné, la croissance semble repartie (5,3% en 2004, selon la Commission européenne, contre 1,4% en 2002). Celle-ci est cependant insuffisante pour résorber les conséquences des restructurations du secteur agricole et de l'industrie lourde, qui ont entraîné la perte de près de trois millions d'emplois au cours des dix dernières années. En 2000, les dépenses sociales représentaient près du quart du PIB polonais, sans que le pays puisse, pour autant, endiguer la montée de la pauvreté.

 

 

Retraites : un système à trois piliers. La Pologne a procédé à une refonte importante de son système de retraite à la fin des années 90. Il est désormais basé sur le dispositif à trois piliers préconisé par la Banque mondiale. Le premier pilier, le régime public par répartition, a été transformé, comme en Lettonie, en régime à cotisations définies, inspiré par le modèle suédois*. « Mis en œuvre en dépit des réticences des partenaires sociaux et le plus souvent confié à des assurances et des banques », précise la Drees, le deuxième pilier a vu la constitution de systèmes obligatoires de capitalisation (fonds de pension, plans individuels de retraite...) dans un cadre professionnel. Au total, le taux de cotisation aux régimes obligatoires (piliers 1 et 2) était de 32,52% en 2003, répartis de manière égale entre salarié et employeur. Enfin, le troisième pilier repose sur des régimes complémentaires facultatifs.

 

 

Un chômage endémique. Même s'il a légèrement diminué, le taux de chômage restait supérieur à 19%, touchant principalement les jeunes et les personnes peu qualifiées. Parallèlement, l'étude souligne que « la proportion de chômeurs indemnisés n'a cessé de diminuer, passant de près de 80% en 1990 à moins de 20% en 2002. » Les conditions d'accès à l'assurance chômage ont en effet été durcies et la durée des prestations réduite. Pour être indemnisé, il faut, par exemple, avoir travaillé au moins 180 jours dans les douze mois précédents. Or, plus de la moitié des chômeurs polonais sont sans emploi depuis plus d'un an.

 

 

Pauvreté et invalidité.  Il en résulte une montée de la pauvreté. 15% de la population vivait ainsi en 2003 sous le seuil de pauvreté relative, fixé à 2 dollars par jour. De plus, ajoute l'étude de la Drees, « ce chiffre ne rend guère compte de la pauvreté d'une partie importante de la population située légèrement au-dessus de ce seuil. » Des dispositifs d'assistance ont donc été mis en place. Ils s'adressent en priorité à des catégories de population bien déterminées : familles monoparentales, personnes sans domicile, handicapés physiques ou mentaux, toxicomanes... Les aides sont attribuées pour une durée déterminée (jusqu'à 36 mois dans certains cas) ou de façon ponctuelle, voire « discrétionnaire », précisent les auteurs de l'étude.

 

Le nombre des pensions d'invalidité a également augmenté, de plus de 30% entre 1990 et 1995. Depuis cette date, les critères d'attribution ont été resserrés. La pension s'appelle désormais « pension d'inaptitude au travail ». Elle est attribuée après examen de médecins experts et met l'accent sur « la réinsertion et la formation professionnelle » de ses bénéficiaires.

 

 

* Chaque cotisant est titulaire d'un compte individuel. Les cotisations qu'il y verse forment un capital "fictif", revalorisé chaque année selon un indice proche de la progression de l'assiette des cotisations. Au moment du départ en retraite, ce capital "fictif" est converti en rente, calculée en appliquant un coefficient de conversion tenant compte de l'espérance de vie du retraité.

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