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Un Français
sur cinq. Depuis l'an 2000, l'enquête
« Santé et protection sociale » menée par l'Irdes intègre un volet
« accidents de la vie courante ».
Celui-ci
recense tous les accidents ayant nécessité le recours à un professionnel de
santé (médecin, infirmier, masseur, pharmacien, hospitalisation...).
Selon les dernières
statistiques, qui portent sur l'année 2002, les
AcVC touchent plus de 20% de la
population chaque année**. Il s'agit une fois sur deux d'un accident domestique
et une fois sur cinq d'un accident de sport. Les accidents de loisirs occupent
également une place importante (17%) alors que les accidents scolaires ne
représentent que 8% des cas.
Jeunes hommes
et dames âgées. Les classes d'âge les plus
touchées sont les 10-19 ans (28% des adolescents sont victimes d'un AcVC chaque
année) et surtout les jeunes adultes, plus particulièrement de sexe
masculin : près de 40% des hommes de 20 à 29 ans sont touchés chaque année,
contre 20% des jeunes femmes. Une pratique sportive plus intense et des prises
de risque accrues semblent à l'origine de cette inégalité. Une
« surmorbidité »*** masculine est également constatée jusqu'à
quarante ans. Elle se stabilise ensuite.
A l'inverse, dans la tranche
d'âge des plus de 80 ans, les femmes sont nettement plus touchées que les hommes
(41% des femmes de plus de 80 ans, contre 23% des hommes de cette tranche
d'âge). L'étude souligne que les accidents surviennent alors le plus
souvent « au domicile ou lors de déplacements à l'extérieur du
domicile ».
Radiographie
des lésions. Les blessures
constatées sont liées au type
d'accident, mais aussi souvent à l'âge de l'accidenté. Ainsi, plaies et brûlures
constituent les lésions les plus fréquemment observées chez les enfants de moins
de dix ans. Les 10-19 ans souffrent le plus souvent d'entorses et de fractures.
Les accidents des 20-59 ans se soldent une fois sur cinq par des lésions
musculo-articulaires ou vertébrales. Au-delà de soixante ans, hommes et femmes
souffrent le plus souvent de fractures, de traumatismes divers ou de lésions
internes.
Une médicalisation quasi
systématique.
Quel que soit leur âge, huit fois sur dix, les victimes d'accidents doivent
avoir recours aux soins prodigués par un médecin. Si l'hospitalisation ne
concerne qu'un cas sur dix, le recours aux urgences est, lui, trois fois plus
fréquent. La fréquence de passage aux urgences grimpe même à 60% dans le cas des
accidents scolaires. L'étude souligne enfin que, parmi les victimes d'accidents,
près de deux personnes sur trois ont été limitées dans leurs activités au cours
des 48 heures qui ont suivi.
Plus
grave, Guy Le Goff, chargé des actions de prévention à
la
Commission de la sécurité des consommateurs, rappelle
qu'environ 20.000 personnes décèdent chaque année, à la suite d'un accident de
la vie courante. Autant de statistiques rappelant la légitimité de
la Garantie des accidents de la vie
(GAV), lancée en 2000 à l'initiative de la Fédération française des
sociétés d'assurance (FFSA) et du Centre de recherche et d'épargne
(CREP).
* Les
accidents de la vie courante sont ceux qui surviennent au domicile ou dans ses
environs immédiats, sur les aires de sport ou de loisirs, à l'école ou à tout
autre moment de la vie privée. En sont exclus les accidents de la circulation,
les accidents de travail, les suicides et les agressions.
**
L'enquête utilise des taux d'incidence trimestriels afin de permettre une prise
en compte de la variabilité saisonnière.
*** Taux
d'accidents ayant entraîné une blessure, supérieur à la
moyenne.
Guy Le Goff : "Les accidents
n'arrivent pas qu'aux
autres"
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Guy
Le Goff est chargé des actions de prévention à la Commission de la
Sécurité des Consommateurs
(CSC) *. |
Les accidents de la vie courante tuent trois fois plus de
personnes que la route, mais on en parle beaucoup moins. A quoi est-ce dû
?
Ces accidents font certes 20.000 morts par an, mais il
convient tout de même de relativiser ce chiffre. Il faut en effet savoir que
près de la moitié des accidents mortels touchent des personnes âgées, victimes
de chutes qu'il est souvent difficile de prévenir. Les spécialistes de la
prévention estiment d'une manière générale qu'avec des précautions de bon sens,
élémentaires, on pourrait éviter entre 6000 et 7000 décès chaque année. Ce qui
est déjà énorme.
Quant à la relative indifférence qui les entoure, je
pense qu'elle tient à la multiplicité des causes et des publics concernés. Mais
certains accidents touchent davantage la sensibilité des gens. On parle
beaucoup, par exemple, de tout ce qui touche les jeunes enfants. L'illustration
en est les accidents de piscines privées : une vingtaine de morts par an a
suffi pour donner naissance à un programme national de prévention, puis à une
loi.
Tout dépend de la population prise en compte. Pour les
personnes âgées, c'est très nettement la salle de bains où les chutes sont
nombreuses, faute de fonds de baignoires anti-dérapants ou de barres d'appui. Il
y a également les escaliers. Pour les enfants, le lieu le plus accidentogène,
c'est la cuisine avec ses risques de brûlures ou de coupures. La salle de bains
est également un endroit dangereux, avec des risques de noyade à l'occasion du
bain.
C'est vrai que si les consommateurs commençaient déjà par
prendre le temps de lire les notices d'utilisation, de s'équiper éventuellement
des protections adaptées et s'ils faisaient preuve d'un minimum de vigilance, le
nombre des victimes baisserait ! Le bricolage constitue un bon exemple. On
estime que ce loisir provoque aujourd'hui environ 300.000 accidents par an. Or,
si les gens se plaignent du matériel (tondeuses, perceuses...), c'est le plus
souvent leur utilisation qui est en cause. On sait désormais beaucoup de choses
sur les logiciels ou sur l'informatique, mais paradoxalement notre culture
technique a baissé. Par exemple, même si leurs installations étaient loin d'être
aux normes actuelles, les anciens avaient ce que j'appellerais une
« culture de l'électricité ». Et, surtout, ils s'en méfiaient
naturellement. Aujourd'hui, on surcharge les multiprises... Et qui connaît le
rôle exact d'une mise à la terre ? Or, si vous branchez une simple
cafetière sur une prise qui en est dépourvue, vous prenez un risque. Et les
statistiques montrent bien que les accidents n'arrivent pas qu'aux
autres !
* La
C.S.C est un organisme
indépendant, composé de magistrats de hautes juridictions, de représentants des
collèges professionnels et des consommateurs, et de personnalités
qualifiées. La commission recense les accidents et les risques de la vie
courante, émet des avis (plus de 250 à ce jour) destinés aux pouvoirs publics,
aux professionnels, et aux consommateurs et informe le public par des
communiqués de presse, des campagnes de sensibilisation, des fiches pratiques,
une lettre bimestrielle et un serveur internet.
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