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Deux
entrants atypiques. Seuls pays des dix nouveaux membres de
l'UE à n'être pas issus de l'ancien bloc soviétique, Chypre et Malte présentent
des caractéristiques qui les distinguent nettement des huit autres entrants.
Niveau de vie plus élevé mais aussi croissance moins forte (2% pour Chypre et
1,7% pour Malte en 2002) les rapprochent davantage des pays de l'ex-Europe des
15. La situation de l'emploi est même nettement plus favorable à Chypre (4,4% de
la population active au chômage en 2003, contre 7,8% à Malte et 8% dans les
quinze pays membres de l'UE avant le 1er mai 2004).
Priorité
à l'assurance vieillesse. Confrontés
au
vieillissement de leur population, Chypre et Malte sont les deux seuls pays
parmi les dix nouveaux membres à consacrer plus de la moitié de leurs dépenses
sociales à l'assurance vieillesse (51,7% pour Chypre en 2001, 53,8% pour Malte).
Conformément
aux recommandations de la Banque mondiale, Chypre a opté pour un système à trois
piliers :
-
un
régime public de base par répartition
-
des
régimes complémentaires obligatoires (qui toutefois ne concernent que les
salariés du secteur public et de certaines entreprises
parapubliques)
-
une
épargne facultative par le biais de caisses de prévoyance servant des montants
en capital.
Face
à l'opposition des syndicats, Malte n'a toujours pas modifié son système de
retraite, entièrement basé sur la répartition. L'État, les entreprises et les
salariés cotisent chacun à hauteur de 10% des salaires.
Faibles
dépenses pour le chômage et l'exclusion. Le
troisième quart des dépenses est consacré à la santé (24,9% des prestations
sociales pour Chypre, 25,5% pour Malte). Viennent ensuite les pensions
d'invalidité, proportionnellement deux fois plus importantes à Chypre (12,8%
contre 6,1% à Malte) et les allocations familiales (respectivement 5 et 6,5%).
Enfin,
les allocations chômage (2,4% des prestations versées à Chypre, 6% à Malte) et
les aides aux plus démunis (respectivement 3,1% et 2%) représentent des sources
de dépenses très faibles. L'étude de la Drees laisse ainsi
transparaître que, malgré une santé économique relativement bonne, les deux pays
méditerranéens peinent à mettre en place des systèmes de protection sociale
équitables. En particulier à Chypre, où « le risque de pauvreté relative
(part de la population dont le revenu est inférieur à 60% du niveau de vie
national moyen) est proche de celui des pays baltes, et supérieur à la moyenne
européenne ».
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