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Protection sociale : la situation à Chypre et Malte (avril 2005)
Suite de notre dossier sur la protection sociale au sein des dix nouveaux pays membres de l'Union Européenne. Gros plan sur Chypre et Malte, à la lueur d'une récente étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques).

Deux entrants atypiques.  Seuls pays des dix nouveaux membres de l'UE à n'être pas issus de l'ancien bloc soviétique, Chypre et Malte présentent des caractéristiques qui les distinguent nettement des huit autres entrants. Niveau de vie plus élevé mais aussi croissance moins forte (2% pour Chypre et 1,7% pour Malte en 2002) les rapprochent davantage des pays de l'ex-Europe des 15. La situation de l'emploi est même nettement plus favorable à Chypre (4,4% de la population active au chômage en 2003, contre 7,8% à Malte et 8% dans les quinze pays membres de l'UE avant le 1er mai 2004).

 

 

Priorité à l'assurance vieillesse. Confrontés au vieillissement de leur population, Chypre et Malte sont les deux seuls pays parmi les dix nouveaux membres à consacrer plus de la moitié de leurs dépenses sociales à l'assurance vieillesse (51,7% pour Chypre en 2001, 53,8% pour Malte).

 

Conformément aux recommandations de la Banque mondiale, Chypre a opté pour un système à trois piliers :

  • un régime public de base par répartition
  • des régimes complémentaires obligatoires (qui toutefois ne concernent que les salariés du secteur public et de certaines entreprises parapubliques)
  • une épargne facultative par le biais de caisses de prévoyance servant des montants en capital.

Face à l'opposition des syndicats, Malte n'a toujours pas modifié son système de retraite, entièrement basé sur la répartition. L'État, les entreprises et les salariés cotisent chacun à hauteur de 10% des salaires.

 

 

Faibles dépenses pour le chômage et l'exclusion. Le troisième quart des dépenses est consacré à la santé (24,9% des prestations sociales pour Chypre, 25,5% pour Malte). Viennent ensuite les pensions d'invalidité, proportionnellement deux fois plus importantes à Chypre (12,8% contre 6,1% à Malte) et les allocations familiales (respectivement 5 et 6,5%).

 

Enfin, les allocations chômage (2,4% des prestations versées à Chypre, 6% à Malte) et les aides aux plus démunis (respectivement 3,1% et 2%) représentent des sources de dépenses très faibles. L'étude de la Drees laisse ainsi transparaître que, malgré une santé économique relativement bonne, les deux pays méditerranéens peinent à mettre en place des systèmes de protection sociale équitables. En particulier à Chypre, où « le risque de pauvreté relative (part de la population dont le revenu est inférieur à 60% du niveau de vie national moyen) est proche de celui des pays baltes, et supérieur à la moyenne européenne ».

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