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Une
transition difficile. Avec un PIB par habitant inférieur de
plus de moitié à celui de l'Europe des Quinze, l'Estonie, la Lituanie et la
Lettonie n'ont pas encore achevé leur passage à l'économie de marché. Dix ans
après la chute du mur de Berlin, le niveau de vie y était encore inférieur de 20
à 40% à celui de 1989.
Cependant,
pour les auteurs de l'étude, « ces trois pays peuvent envisager
d'accroître le volume de leurs dépenses sociales* », au regard du taux
de croissance qu'ils enregistrent depuis quelques années (6% en moyenne en 2002,
contre 0,7% pour l'Europe des quinze).
Des
réformes des retraites bien avancées. Conformément
aux recommandations de la Banque mondiale, ces trois pays ont choisi une
architecture à trois piliers (retraite de base, régime complémentaire, épargne
individuelle) pour leurs systèmes de retraite. Le régime public de l'assurance
vieillesse y a été séparé du budget de l'Etat et le lien entre revenus,
cotisations et niveau de pension renforcé.
La
Lettonie
présente la particularité de s'être inspirée du modèle suédois : un taux de
capitalisation virtuelle** est appliqué aux cotisations. Le calcul des
prestations prend non seulement en compte le volume de cotisations, mais aussi
l'espérance de vie au moment du départ à la retraite.
En
2001 et 2002, Lettonie et Estonie ont par ailleurs décidé de réaffecter une
partie des cotisations du système de base vers des systèmes de fonds de pension,
institués dans le cadre professionnel, pour lesquels les salariés cotisent
obligatoirement. La même possibilité est offerte depuis 2002 aux salariés
lituaniens, mais elle est facultative. Enfin, les travailleurs de ces trois pays
peuvent se constituer des retraites complémentaires facultatives, afin de
financer eux-mêmes une partie de leur pension.
L'assurance
chômage. Comme
la plupart des dix nouveaux entrants, Estonie, Lituanie et Lettonie sont
confrontées à un chômage important (de 10,1 à 12,7% de la population active en
2003). En 2002, les statistiques sur le volume d'emploi en Estonie étaient par
exemple « inférieures de 30% à ce qu'elles étaient en 1990 »,
note l'étude de la Drees.
Même si le taux de chômage y a reculé de plus de 3 points
depuis 2001, le scénario est comparable en Lettonie, où le volume d'emploi s'est
rétracté de 20% entre 1992 et 2000***.
Pour
faire face à cette situation, des systèmes d'indemnisation, fondés sur
l'assurance, ont été institués. Leur portée est toutefois limitée. En 2002,
seuls 10% des chômeurs lituaniens percevaient une prestation, équivalente en
moyenne à 15,8% du revenu moyen par habitant****. En Estonie, le taux de
chômeurs indemnisés atteignait presque les 50%. Mais l'allocation ne
représentait plus que 6,8% du revenu moyen. Enfin, en Lettonie, 44,3% des
chômeurs percevaient une indemnité représentant 21,3% du revenu moyen par
habitant.
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