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De brusques changements.
Les huit nouveaux membres issus de
l'ancien bloc de l'Est* ont basculé dans l'économie de marché après la chute du
mur de Berlin, en 1989. Cette libéralisation a d'abord entraîné un accroissement
global du chômage et de la pauvreté. L'étude souligne toutefois que, depuis le
milieu des années 90, le taux de croissance y est supérieur à celui enregistré
dans les quinze autres pays de l'Union européenne.
À Chypre et à Malte, le niveau de vie et la croissance augmentent
également, mais de façon moins marquée. De manière générale, pour la plupart de
ces 10 pays, la part des dépenses sociales dans le PIB apparaît globalement
inchangée depuis une quinzaine d'années.
Les trois piliers des retraites. Les
premières réformes ont porté sur les systèmes d'assurance vieillesse.
Conformément aux recommandations de la Banque mondiale, neuf des
dix nouveaux membres** ont opté pour une architecture à trois piliers :
- un régime public obligatoire,
- un système de fonds de pensions, le plus souvent obligatoire,
institué dans le cadre professionnel,
- un régime de retraites complémentaires individuelles et
facultatives.
Chômage et invalidité. A l'exception de
la Hongrie, de
la Slovénie
et de Chypre, où le taux de chômage est inférieur à la moyenne européenne, les
nouveaux membres sont confrontés à un important problème d'emploi (20% de
chômeurs en Pologne, début 2004). Dans des pays où le chômage n'existait pas
officiellement jusqu'en 1989, des systèmes d'assurance ont été mis en place
parallèlement à des politiques en faveur de l'emploi et à des dispositifs de
placement. Les critères d'indemnisation sont toutefois de plus en plus
sélectifs.
Il en va de même des pensions d'invalidité. Longtemps accordées à des
personnes atteintes de handicaps mineurs, elles ont été, selon l'étude
« recentrées sur leur vocation principale : le remplacement du
revenu perdu en raison du handicap ». Les prestations versées sont, par
ailleurs, le plus souvent limitées.
Une pauvreté
croissante. Les chômeurs de longue durée se replient donc
fréquemment vers les dispositifs d'assistance institués pour endiguer la montée
de la pauvreté. Le plus souvent décentralisés et soumis à des conditions de
ressources, ces dispositifs engendrent d'importantes inégalités géographiques et
dispensent des aides peu élevées, « fréquemment inférieures au minimum
de subsistance » selon la Drees.
*République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie,
Lituanie, Pologne, Slovaquie, Slovénie. **Seule Malte n'a
pas mis en place ce type de dispositif, en raison d'une forte opposition des
syndicats.
À
suivre : Le système de protection
sociale chez les dix nouveaux membres de l'Union européenne, pays par
pays.
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