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L'aide aux personnes âgées à Londres, New York, Paris et Tokyo (octobre 2004)
Comment gère-t-on l'aide aux personnes âgées dans quatre des plus grandes villes du monde ? C'est l'objet d'un programme de recherche international, dont les premières observations ont été publiées fin 2003 par la Drees (1).

Des points communs.  Mégapoles exerçant une influence bien au-delà de leurs frontières, New York, Londres, Paris et Tokyo présentent de nombreuses caractéristiques sociales et économiques communes : fortes inégalités de revenus, classe moyenne en diminution et grandes migrations de travailleurs. Pôles d'excellence médicale reconnus, elles assurent par ailleurs des soins de grande qualité et disposent d'excellents centres de recherche et hôpitaux universitaires.

 

 

De fortes concentrations. Autre point commun : ces quatre villes comptent aussi les plus fortes concentrations de personnes de plus de 65 ans de leurs pays respectifs : 1,3 millions à Tokyo, 940.000 à New York, 910.000 à Londres et 850.000 en région parisienne (2), où l'on compte le plus de personnes de plus de 85 ans.

 

A l'exception de Londres, cette concentration est plus importante dans les centres urbains de chaque ville que dans leur périphérie. Dans certains quartiers, la proportion des personnes âgées dépasse même 25%.

 

 

Les services. Outre le recueil de données statistiques, l'étude se concentre sur les systèmes d'accompagnement ou de prise en charge des personnes âgées. Dans les quatre villes étudiées, et plus particulièrement dans leurs centres urbains, l'accès à toute une gamme de services (repas livrés, soins, aide ménagère...) facilite le maintien des personnes âgées à domicile pour compenser la relative faiblesse de l'offre de prise en charge en maisons de retraite.  

 

Les aides à domicile. A New York, deux programmes publics régissent l'aide ménagère, l'assistance personnelle et les soins infirmiers à domicile. Le premier est géré au niveau fédéral, le second est financé par l'État de New York. Les deux programmes, soumis à des conditions de ressources, couvrent moins de 8% de la population âgée de 65 ans et plus. Au-delà du seuil de revenus prévu par les textes, les personnes âgées ayant besoin d'une aide à domicile n'ont pas d'autres choix que de faire appel à la solidarité familiale ou à des services privés.

 

 A Tokyo, c'est « l'Assurance nationale dépendance », entrée en vigueur en 2000, qui – pour l'essentiel – permet aux personnes âgées de bénéficier d'une aide et/ou de soins infirmiers à domicile. Des fonds municipaux et régionaux complètent le dispositif. Les aides couvrent exclusivement les services en nature, sans versement de prestations. Les usagers doivent participer financièrement au règlement de ces services, à hauteur de 10% de leur montant.

 

A Paris, les soins infirmiers à domicile sont financés par l'assurance maladie, tandis que l'Apa (Allocation personnalisée d'autonomie) permet de financer l'aide à la personne.

 

Enfin à Londres, les soins infirmiers à domicile sont couverts par le NHS (National Health Service) . L'aide à domicile, quant à elle, est administrée par les autorités de quartiers (les boroughs). Certaines fournissent directement ce type de service, d'autres le confient à des organismes indépendants. Elles sont libres de fixer une participation financière ou de l'accorder gratuitement.

 

 

Peu de maisons de retraite. Dans les quatre mégapoles, la densité en « lits de long séjour » (en maisons de retraite) est nettement plus faible dans le centre urbain que dans les zones périphériques. Le prix élevé de l'immobilier dans les centres-villes explique en grande partie ce décalage.

 

De façon générale, les quatre mégapoles souffrent d'un déficit de solutions d'hébergement en instituts spécialisés. C'est particulièrement vrai à Londres et à Tokyo, où l'on compte deux fois moins de lits de long séjour qu'à Paris et quatre fois moins qu'à New York. La capitale britannique présente de surcroît un déficit d'offre médicale et hospitalière.

 

Mais c'est à Tokyo que la situation semble la plus délicate. Les listes d'attente dans les maisons de retraite ne cessent de s'allonger et « les lits en hôpitaux généraux sont [de plus en plus] souvent utilisés en lits de long séjour », note l'étude.

 

 

 

(1)     Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère des Affaires sociales

(2)     L'étude porte à la fois sur les centres urbains et leur périphérie

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