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Recenser les personnes à risques.
Pierre angulaire du dispositif, l'Institut de veille
sanitaire (InVS) est chargé de la collecte des données sanitaires et des
informations fournies par Météo France. Parallèlement, dans le cadre d'un plan
Vermeil, le ministère de la Santé propose aux mairies de
recenser les personnes souhaitant s'inscrire sur les listes de personnes
vulnérables. En cas de pic de chaleur, c'est au directeur de l'InVS en personne
qu'incombe la responsabilité de prévenir le ministre. Le plan s'articule en
effet autour de quatre niveaux d'alerte. Le premier (vigilance) sera
automatiquement activé, chaque année, entre le 1er juin et le
1er octobre. Il prévoit une veille climatique et sanitaire, ainsi que
la diffusion de messages de sensibilisation.
Une montée en puissance adaptée.
Déclenché par le ministre de la Santé, le deuxième niveau
(alerte) consiste en la mise en place de cellules de crise, pilotées par les
préfets et destinées à coordonner les actions. Au niveau 3 (intervention), c'est
le Cogic (Comité interministériel de gestion des crises), qui centralise les
informations et diffuse les instructions sur le terrain. Les plans de
mobilisation des hôpitaux, services d'urgence, sécurité civile et pompiers sont
activés. Les associations de bénévoles sont également mobilisées. Enfin, si les
risques menacent de « porter
atteinte à l'ordre public », le dernier niveau (réquisition) permet au
Premier Ministre de réquisitionner tous les moyens, civils et militaires,
nécessaires à la gestion d'une telle
crise.
Prévention d'abord.
Mais avant d'en arriver là, l'accent est mis sur la
prévention. Tout l'été, la population recevra ainsi des conseils pour se
protéger de la chaleur et sera tenue informée en temps réel du niveau d'alerte.
Une carte « Vigilance chaleur » sera, notamment, publiée chaque jour à
6 heures et 18 heures. Dans le même esprit, les préfets ont recensé les
associations de bénévoles et vérifié leurs dispositifs de permanence estivale.
Mais les pouvoirs publics en appellent également à la solidarité de tous :
familles, voisins, amis.
Le soutien aux services d'urgence.
Le dernier aspect du plan prévoit de donner aux
établissements spécialisés les moyens de faire face à une éventuelle crise.
L'État financera ainsi à hauteur de 40% l'achat d'appareils rafraîchissants,
pour que chaque établissement dispose d'une pièce où la température ne dépassera
pas 25°. Entre 20 et 40 millions d'euros seront débloqués dans ce but*. Enfin,
les infirmières pourront bénéficier d'un déplafonnement de leurs quotas d'heures
supplémentaires, et les malades présents dans les services d'urgence pourront
être réorientés vers les autres services des
hôpitaux.
*Ministre et
professionnels ont toutefois admis fin mai que les délais ne seraient pas
respectés et que toutes les maisons de retraites ne seraient pas équipées cet
été.
Interview
Au-delà du plan
canicule
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Luc
Broussy est le délégué général du Synerpa, le Syndicat national des
établissements et résidences privés pour personnes âgées, qui regroupe
plus de 1200 maisons de
retraite. |
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Globalement, que
pensez-vous du plan canicule qui a été mis en place par le
gouvernement ?
Je suis partagé. Dans l'ensemble, je l'approuve.
Mais en même temps je pense que l'on est complètement passé à côté du sujet. Si
la prise de conscience de l'ensemble de la société a été réelle, elle n'a
toutefois pas amené de réponses à la hauteur des enjeux. En l'occurrence, on
s'est rendu compte que toutes les personnes âgées n'étaient pas les seniors que
nous vantent les magazines et les publicitaires. Mais la réflexion sur la façon
dont notre pays prend en charge ces personnes âgées, fragiles et vulnérables,
n'a toujours pas été véritablement menée. Il y a un proverbe chinois qui me vient à l'esprit et qui dit
que quand le sage montre la lune du doigt, l'idiot regarde le doigt.
Aujourd'hui, on en est là. La lune, c'est le problème du vieillissement en
France. Le doigt, c'est la salle
climatisée.
Il y a tout de même d'autres mesures que la
climatisation dans le
plan...
Bien sûr. La mise en place d'un dispositif
d'alerte, par exemple, est une bonne idée. D'ailleurs, il serait bon de
généraliser ce type de procédures pour les épidémies de grippe ou toute autre
menace comparable. Mais, honnêtement, je suis certain que, même sans ce plan
canicule, nous ne risquons pas de revivre le drame de l'an dernier. Tout
simplement parce qu'après avoir été surpris par l'ampleur du phénomène en 2003,
tous les professionnels s'attendent à ce qu'il fasse au moins aussi chaud cette
année. Ils sont donc prêts à réagir. Par ailleurs, les gens sont sensibilisés.
Ils savent désormais que des chaleurs aussi élevées peuvent avoir des
conséquences catastrophiques.
A ce propos, le plan fait également
appel à la solidarité de tous les Français. Pensez-vous qu'il ait de réelles
chances d'être suivi d'effets dans ce
domaine ?
J'en suis d'autant plus convaincu que,
contrairement a ce qui été dit, la solidarité s'était déjà manifestée l'an
dernier. De nombreux sociologues ont souligné la vivacité, par rapport à
d'autres pays, de la solidarité familiale. De notre côté, nous n'avons, par
exemple, jamais éprouvé de difficultés quand il s'agissait d'obtenir le concours
des familles, qui sont, massivement, venues nous prêter main forte.
Reste que, selon vous, rien n'est réglé
pour autant, n'est-ce
pas ?
S'il s'agissait de se préparer à la prochaine
canicule, ce travail est fait et bien fait. Mais effectivement cela ne suffit
pas. Il y a aujourd'hui un peu plus d'un million de personnes de plus de 85 ans
en France. Elles seront un million et demi en 2010 et près de deux millions en
2015. Ce qui veut donc dire que leur nombre va pratiquement doubler en 10 ans.
L'enjeu n'est donc clairement pas dans le fait qu'elles disposent ou pas d'une
salle réfrigérée. Ce qu'il faut, c'est une politique qui nous permette, par
exemple, de recruter des personnels qui auront au préalable été formés.
J'attends donc, quand nous aurons passé l'été, que l'on s'attaque au problème de
fond. Et nous serons notamment très vigilants sur l'application de la loi
concernant la solidarité avec les personnes âgées et
handicapées.
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