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Indemnités journalières : la chasse aux abus (juin 2004)
Après une longue période de stabilité, les dépenses liées aux indemnités journalières (IJ) ont augmenté de 46% en cinq ans. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF) préconise un renforcement des contrôles.

L'état des lieux. En 2002, près de 7 millions d'arrêts de travail ont été prescrits et 200 millions de journées ont été indemnisées par le régime général, coûtant plus de 5 milliards d'euros à l'assurance maladie. Selon les auteurs du rapport, l'augmentation du nombre de salariés du secteur privé et leur vieillissement n'expliquent qu'un peu plus du tiers de cet accroissement. Pour eux, le comportement des assurés et des prescripteurs a donc joué un rôle déterminant dans la croissance constatée.

De nombreuses disparités. Logiquement, les dépenses sont fortement concentrées sur les salariés les plus âgés (plus du tiers pour les plus de 50 ans) et les arrêts les plus longs (entre 1994 et 1998, 31% des assurés ont eu un total d'IJ inférieur à 15 jours et perçu 2% des montants versés, alors que 4,5% des assurés ont eu un total d'IJ supérieur à un an et ont consommé 43% de la dépense).

Plus surprenant, le nombre d'indemnités journalières versées par salarié varie de 1 à 2,5 selon les départements (de 6,3 jours par salarié occupé pour Paris à 18 pour la Haute Corse) et certains médecins en prescrivent jusqu'à 5 fois plus que d'autres. Les auteurs du rapport évoquent donc « une déresponsabilisation des acteurs et un désarmement du contrôle ». 

Contrôler plus et mieux. Parmi leurs propositions, ils recommandent de réorganiser ce contrôle des assurés et des prescripteurs. Il convient notamment, selon eux, de renforcer le contrôle des arrêts de courte durée (seuls 0,5% de ces arrêts font l'objet d'une vérification). Ils préconisent ainsi que des visites s'effectuent au domicile des assurés plutôt qu'en les convoquant, quitte à commissionner des médecins libéraux pour le faire. Trop tardive (entre le 4ème et le 6ème mois), la date du premier contrôle systématique devrait être avancée.

Dans le même esprit, la durée maximale de versement des IJ pourrait être ramenée de 3 à 2 ans. Enfin, la mission propose qu'une partie des prescriptions des médecins accordant le plus d'IJ soit soumise à un accord préalable et que des « sanctions pécuniaires et graduées » soient instaurées pour les prescriptions abusives.
Mais, en guise de conclusion, le rapport souligne que la remise en ordre de ce processus d'indemnisation suppose avant tout « l'affirmation d'une volonté de contrôle ». 

 


Droits et devoirs

Les indemnités journalières sont destinées à compenser la perte de salaire provoquée par une maladie ou un accident constaté par un médecin. Le praticien prescrit alors un arrêt de travail que le malade doit adresser sous 48 heures au service médical de sa Caisse d'assurance maladie et à son employeur. Le point de départ de l'arrêt de travail est fixé au jour où celui-ci est médicalement prescrit, mais les IJ ne sont pas servies pendant les trois premiers jours, sauf en cas d'accident du travail.

L'indemnité journalière est due pour chaque jour de la semaine, ouvrable ou non. Elle est calculée à partir des salaires soumis à cotisations les trois mois précédant l'arrêt. Les décomptes d'indemnités journalières validant les droits à la retraite, il est important de les conserver, au même titre que les bulletins de salaire.

Avec l'accord de son médecin, le patient peut s'absenter de son domicile de 10 heures à 12 heures et de 16 heures à 18 heures. S'il n'est pas présent à son domicile lors d'un contrôle, les indemnités peuvent être supprimées, totalement ou partiellement. S'il souhaite quitter la circonscription de sa Caisse d'assurance maladie, il doit en obtenir l'autorisation préalable. Enfin, l'assuré ne doit se livrer à aucune activité (bricolage, jardinage...), rémunérée ou non, pendant son arrêt maladie.


 

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