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Un plan pour améliorer la solidarité avec les personnes âgées (avril 2004)
Le gouvernement prépare une nouvelle loi relative à l'autonomie des personnes âgées et des handicapés. Son entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet 2004...

Une prévention plus efficace. Pour pouvoir anticiper une crise comme celle de l'été 2003, un plan de veille et d'alerte devra être préparé dans chaque département par le Conseil général et la préfecture. Déclenché par le préfet, ce plan permettra l'intervention des services sanitaires et sociaux, sur la base d'informations préalablement recueillies par les communes auprès des personnes isolées, fragiles ou vulnérables.

Par ailleurs, les maisons de retraite devront se doter d'au moins une pièce climatisée avant juin 2004. Enfin, la présence de médecins coordonnateurs dans les établissements médicalisés sera généralisée.

Une journée de solidarité. Par ailleurs, le projet de loi institue une journée de la solidarité : chaque salarié du privé et chaque fonctionnaire effectuera une journée de travail supplémentaire non rémunérée*. Les employeurs restitueront la valeur ajoutée produite par cette journée supplémentaire à la solidarité nationale, sous la forme d'une contribution patronale équivalente à 0,3% des salaires et des traitements annuels. Une contribution de 0,3% s'appliquera également aux revenus du patrimoine et des placements financiers, hors ceux de l'épargne populaire.

Une nouvelle Caisse nationale. Les deux milliards d'euros annuels que le gouvernement espère récolter avec cette mesure devraient permettre de médicaliser davantage les maisons de retraite, de créer 10.000 places supplémentaires en établissement et 13.000 places d'hébergement temporaire et d'accueil de jour. Enfin, 17.000 personnes supplémentaires devraient pouvoir bénéficier de soins infirmiers à domicile.

Ces deux milliards d'euros annuels seront affectés à une Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Les dépenses de ce nouvel établissement public national à caractère administratif seront également destinées à financer l'Apa (Allocation personnalisée d'autonomie).

Un calendrier serré. Il est d'ores et déjà prévu que la loi prendra effet dès le 1er juillet 2004, mais elle devra être adaptée et complétée ultérieurement, pour préciser les modalités de fonctionnement de la Caisse, en particulier ses relations avec les Conseils généraux et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Raoul Briet, conseiller maître à la Cour des comptes et Pierre Jamet, directeur général des services au Conseil général du Rhône, doivent remettre un rapport d'expertise en ce sens à la fin du mois de mai.

* Dans la fonction publique, le lundi de Pentecôte à partir de 2005. Dans le secteur privé, le lundi de Pentecôte ou tout autre jour férié chômé, à négocier avec les partenaires sociaux dès cette année.

 

Interview

Xavier Timbeau « Une réaction émotionnelle »

  Xavier Timbeau est directeur du département Analyse et Prévision de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques.

« Les objectifs en termes de créations de places et de postes dans le secteur de l'aide aux personnes âgées vous paraissent-ils réalistes ? 

Peut-être mais pas à court terme. Les enjeux en terme d'emplois, par exemple, sont importants : cela peut correspondre à plusieurs milliers de créations de postes. Encore faut-il être en mesure de pourvoir ces nouveaux postes. Cela avait déjà constitué la difficulté majeure lors de l'entrée en vigueur de la réforme des 35 heures dans les hôpitaux, qui s'était heurtée au manque d'infirmières et de personnel. Il faut, en effet, plusieurs années avant de pouvoir former et mobiliser suffisamment de personnes compétentes. Dans un premier temps, et à une échelle moindre, le problème risque de se poser à nouveau avec l'aide aux personnes âgées.

Que pensez-vous de la création d'une caisse autonome pour gérer les recettes nouvelles ?

En France, en matière de dépenses sociales, on a souvent tendance à la dispersion plutôt qu'à la concentration. Cela conduit à fractionner des problèmes qui sont souvent liés. Vouloir créer une caisse qui ne s'occupera que des personnes âgées et dépendantes me semble donc un peu superflu. Car, sur le terrain, les catégories sont moins simples et moins tranchées que celles que l'on rattache à telle ou telle caisse. On peut donc se retrouver dans l'incapacité d'intervenir parce que l'on a fabriqué des boîtes qui s'avèrent trop petites, ou parce que la réalité a changé par rapport aux boîtes que l'on avait mises en place.

Avez-vous le sentiment que le problème du financement de l'Apa est réglé ?

Je ne pense pas, malheureusement. Le montant engagé est très faible : la mesure doit rapporter 2 milliards d'euros par an, l'Apa en coûte déjà 3,7. De plus, les données démographiques sont claires : le coût de l'allocation ne cessera d'augmenter. Or, on ne pourra pas renouveler l'opération et supprimer un jour férié tous les ans ! Economiquement, ces mesures me semblent constituer une réaction émotionnelle compréhensible après la canicule, plus que le résultat d'un plan réellement concerté pour l'assistance aux personnes âgées ou dépendantes. »

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