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Le rachat des cotisations vieillesse (mars 2003)
Lorsque la carrière professionnelle d'un salarié a été émaillée de périodes où il n'a pas pu cotiser au régime général de la sécurité sociale, il peut tout de même – dans certaines circonstances – obtenir la validation de ces périodes d'activité au titre de l'assurance vieillesse. Attention, des conditions très précises sont à remplir, tous les salariés ne sont pas concernés.

Les conditions. Le dispositif permet d'acquérir des trimestres supplémentaires de cotisation, pour pouvoir percevoir une retraite à taux plein, ou au moins augmenter le montant de sa pension. Il concerne des catégories de personnes bien définies, en priorité celles ayant travaillé à l'étranger ou ayant accompli des périodes au service d'organisations internationales qui ont passé des accords avec la France (OCDE, OTAN, Conseil de l'Europe, Agence spatiale européenne...).

Mais cette disposition peut également concerner les salariés appartenant à une catégorie professionnelle tardivement affiliée au régime général de la sécurité sociale (journalistes pigistes, conjoints participant à l'entreprise, gérants minoritaires de SARL, internes et externes des hôpitaux ou en pharmacie...), ainsi que d'autres catégories bien précises.*

Les modalités. Pour constituer son dossier, le salarié devra compléter la demande de validation et l'adresser à la caisse de retraite de son lieu de résidence, avec les pièces justificatives correspondant à sa situation et à son activité professionnelle de l'époque. S'il réside à l'étranger, la demande sera adressée à la caisse générale de son choix, de préférence celle où il a cotisé en dernier lieu.

Le calcul du rachat. Le prix à payer pour racheter des trimestres manquants dépend de l'ancien salaire** et du taux de cotisation en vigueur à la date de la demande de rachat (majoré ou minoré en fonction de l'âge du demandeur à cette date : cf. Etude de cas pratique). Une fois admis au rachat, l'assuré dispose de quatre ans pour verser les cotisations dues. Le rachat est toutefois majoré de 5% s'il n'est pas payé dans les 6 mois suivant sa date de notification. Une nouvelle majoration est ensuite appliquée chaque année. Si le rachat s'échelonne sur 4 ans, quatre majorations sont donc appliquées

Les retraités du régime général et les personnes de plus de 59 ans et demi (54 ans et demi pour les veufs et les veuves) peuvent demander que les sommes dues pour payer le rachat soient prélevées sur le montant de leur retraite.
Les veufs ou veuves d'un assuré peuvent, dans le cadre de leur demande de pension de réversion, demander la validation de périodes concernant l'activité du défunt.

*Les personnes ayant perçu une indemnité de soins aux tuberculeux, ou ayant travaillé en prison et/ou effectué de la détention provisoire avant le 1er janvier 1977. Le dispositif s'adresse également aux demandeurs ayant assuré les fonctions de tierce personne auprès d'un membre de leur famille invalide.

** Le salaire servant de base au calcul du rachat est celui que percevait l'assuré juste avant d'être affilié au régime général (ou son dernier salaire à l'étranger). 

Etude de cas pratique

Un assuré de 61 ans souhaite racheter toute une année de salariat – 1980 – effectuée à l'étranger (Grande-Bretagne).
Compte tenu de son niveau de salaire sur place* et du taux de cotisations en vigueur au moment où il a effectué sa demande de rachat, chaque trimestre lui coûtera 753,93 euros, soit 3015,72 euros pour l'année.
S'applique ensuite un coefficient d'âge, en l'occurrence 1,113 pour un assuré âgé de 61 ans.
Le montant du rachat des 4 trimestres de 1980 s'élève donc à 3356,50 euros (NDR : 3015,72 x 1,113).

S'il estime que le rachat lui coûte plus cher que les bénéfices qu'il peut en escompter, il peut y renoncer.

* Etude de cas pratique effectuée sur la base d'un assuré de première catégorie, c'est-à-dire percevant un salaire déclaré supérieur ou égal au plafond de la Sécurité sociale (60.120 francs pour l'année considérée).



Le cas des salariés à l'étranger

Les personnes ayant effectué une partie de leur carrière à l'étranger peuvent, si elles n'étaient pas à cette époque affiliées au régime général, racheter leurs cotisations. Il faut pour cela être Français, réfugié politique ou apatride, rapatrié de nationalité française ou étranger titulaire d'une prestation pour services rendus à la France. Peuvent également y prétendre les ressortissants d'un pays de l'Union européenne, de l'Islande, du Lichtenstein, de la Norvège ou de la Suisse qui n'ont pas exercé leur activité dans leur pays d'origine et qui peuvent justifier d'une durée d'assurance ou de résidence en France.

Les personnes ayant été salariées en Algérie (avant ou après l'indépendance du pays) et qui y étaient affiliées à un régime de sécurité sociale peuvent obtenir la validation gratuite de leurs périodes d'activité. Celles qui n'ont pas été affiliées sont habilitées à racheter certaines périodes. Si elles ont la qualité de rapatrié, elles pourront obtenir une aide de l'Etat, égale à au moins 50% de la somme due. Les rapatriés provenant d'autres pays anciennement placés sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France sont dans le même cas.
Pour les salariés ayant exercé leur activité dans plusieurs pays, la période de rachat peut être limitée aux périodes accomplies dans un ou plusieurs de ces pays.




 

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