|
Il a fallu de longs mois de discussions parlementaires, de concessions et de
menaces, pour qu'aboutisse la réforme du système de retraite allemand. Origine
de ladite réforme : le vieillissement de la population allemande. Une espérance
de vie à la hausse et un nombre de naissances à la baisse font augmenter la
proportion des plus de 60 ans (22% de la population actuelle, 34% en 2030). À ce
rythme, le rapport actuel de 1,7 cotisants par retraité devrait tomber à 1 en
2020.
Afin de désamorcer cette " bombe à retardement " qui menace tout l'édifice
des retraites par répartition, le gouvernement allemand a donc décidé de lancer
une réforme d'envergure. Son objectif est double : garantir un financement
pérenne du système par répartition (tout en limitant les hausses de cotisation)
et inciter les Allemands à se constituer un complément de retraite. Le premier
volet de la réforme consiste à baisser le niveau des pensions. Ces dernières
vont être progressivement ramenées à 67,9% du salaire brut en 2030 (contre 70,7%
actuellement).
Parallèlement, Gerhard Schröder a proposé la création d'une épargne retraite
privée, financée par le seul salarié. À partir du 1er janvier 2002, les salariés
pourront bénéficier d'incitations financières, notamment fiscales, en échange
d'une cotisation de 1 % de leur salaire brut dans une retraite par
capitalisation personnelle. Ce niveau de cotisation augmentera chaque année pour
être plafonné à 4% en 2008. Cette épargne retraite privée reste, toutefois,
facultative. Les Allemands demeurent d'ailleurs très prudents. D'après un récent
sondage, seuls 21% des salariés se déclarent prêts à y recourir dés son entrée
en vigueur.
|