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Les retraites en Allemagne : une réforme prudente (février 2002)
La loi réformant le système de retraite allemand est entrée en vigueur le 1er janvier 2002. Les prestations du régime général sont revues à la baisse et le recours à une retraite par capitalisation est encouragé. Mais les observateurs s'interrogent sur la portée de cette réforme

Premier pilier du système de retraite allemand : le régime général d'assurance vieillesse. Il s'agit d'une assurance collective obligatoire, gérée par divers organismes fédéraux et régionaux d'assurance-retraite et financée par les cotisations des actifs (principe de répartition). L'âge légal de la retraite est fixé à 65 ans, mais certaines catégories de personnes (dont les femmes, les chômeurs, etc.) peuvent partir plus tôt et bénéficier d'une pension moyennant un abattement progressif.
Le niveau moyen des retraites est assez élevé. À titre indicatif, la pension d'un salarié ayant cotisé 45 ans (sur la base d'un salaire moyen) représente environ 70 % de la rémunération nette moyenne actuelle.

Deuxième pilier : les régimes professionnels. Le régime complémentaire de retraite professionnel, qui complète le régime général, revêt généralement un caractère facultatif (seules quelques rares conventions collectives – dont celle de la fonction publique – prévoient l'affiliation systématique à un  tel régime). Jusqu'à récemment (La réforme), il revenait à l'employeur de prendre l'initiative de proposer une retraite complémentaire à ses salariés.
Celle-ci peut prendre différentes formes : affiliation à des caisses de retraite privées, souscription de contrats d'assurance-vie, voire engagement direct de l'entreprise. L'employeur peut en effet gérer – lui-même – la retraite complémentaire de ses salariés (les cotisations et les prestations sont intégrées à la comptabilité de l'entreprise).
D'une manière générale, ce régime de retraite professionnel est souvent considéré comme inégal (la proportion de salariés affiliés à un tel régime varie fortement d'un secteur d'activité à l'autre) et trop rigide, dans la mesure où, jusqu'à récemment, il fallait cotiser 10 ans au sein de la même entreprise pour avoir droit à des prestations (NDR : l'ancienneté requise est ramenée à 5 ans depuis l'entrée en application de la réforme).

Troisième pilier : les plans d'épargne retraite individuels. En Allemagne, le capital foncier est de loin la principale forme d'auto-prévoyance privée. Les biens immobiliers représentent deux tiers du patrimoine personnel des Allemands. L'assurance-vie est une autre forme d'épargne retraite privilégiée. En 1993, environ 80 % des ménages de salariés allemands disposaient d'une assurance-vie.

 

La réforme. Elle fait l'objet de deux lois, votées à quelques semaines d'intervalle lors du premier semestre 2001. La première réforme le régime général, la seconde encourage la retraite par capitalisation.
  • Régime général. Le point le plus important de la réforme concerne une diminution progressive des prestations du régime général.  En 2030, le niveau des pensions représentera 67% de la moyenne des salaires pour 45 ans de cotisation, contre 70% aujourd'hui.

  • Régime professionnel. En contrepartie de la baisse des prestations, des incitations fiscales encouragent la retraite par capitalisation. La réforme introduit en effet des fonds de pension. L'employeur est tenu d'offrir à ses salariés la possibilité d'y souscrire, le salarié est libre de le faire ou non. L'entreprise a la possibilité d'y cotiser si elle le souhaite, mais ce n'est pas obligatoire.
    Depuis le 1er janvier 2002, un salarié peut donc placer 1% de son revenu brut (2% en 2004, 3% en 2006 et 4% à partir de 2008) dans un fond de pension. Les sommes ainsi épargnées pourront être déduites de l'impôt sur le revenu (dans la limite de certains plafonds). L'État accordera des subventions directes aux salariés à faibles revenus pour lesquels l'incitation fiscale serait quasi nulle.

  • Epargne retraite individuelle. Gérée par des organismes financiers privés et agréés, elle bénéficiera des mêmes incitations fiscales que les fonds de pension d'entreprise.

Ses limites. Selon certains observateurs, ce nouveau dispositif de fonds de pension paraît minimaliste par rapport aux systèmes en cours aux Pays-Bas ou en Suisse. Par exemple, des règles prudentielles très strictes limitent fortement les investissements en actions.
Plus généralement, les experts doutent que la faible diminution du niveau des pensions suffise à régler la question du financement des retraites allemandes à l'avenir.

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