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Le contexte
suédois. Même si la situation démographique du pays est
relativement favorable – le papy boom y sera moins marqué qu'ailleurs et la
natalité s'est maintenue à un niveau satisfaisant – les départs en retraite se
multiplieront en Suède à partir de 2005. Si le pays compte
aujourd'hui 3,4 actifs pour une personne de
plus de 65 ans, il n'en totalisera plus que 2,6 en
2020. Pour faire face à cette situation,
les Suédois ont réformé (en 1999) leur système de retraite par répartition, mis
en place dans les années 1960. Son principal défaut était de reposer sur une
croissance économique dont la pérennité est devenue incertaine.
Le nouveau système de retraite.Les
cotisations représentent aujourd'hui 18,5% du salaire (dont la moitié environ à
la charge de l'employeur). 16% servent à financer la retraite par répartition,
les 2,5% restant sont placés sur un fonds choisi par le salarié
(capitalisation). L'âge de départ à la retraite est libre entre 61 et 67 ans,
avec toutefois une minoration de la pension de 3,7% par année de départ avant 65
ans. Auparavant basé – pour partie – sur les salaires des 15 meilleures années,
le montant de la retraite est désormais calculé sur l'ensemble de la vie
professionnelle. Le taux de remplacement net (rapport entre la première pension
et le dernier salaire) a baissé, passant de 66% à 55%*. Le système est supervisé
par un organisme de contrôle : la Premium Pension
Authority.
Un avenir assuré. La principale
particularité du système se situe toutefois dans la mise en place d'un modèle
mathématique de régulation devant garantir sa viabilité. La pension dépend en
effet non seulement du montant des cotisations versées, mais aussi de
l'espérance de vie et de l'évolution du PIB. Au moment de la cessation
d'activité, le capital retraite est divisé par le nombre d'années qu'il reste
théoriquement à vivre au retraité, selon des tableaux de mortalité**. Le
résultat est double. D'une part, plus on travaille longtemps, plus la retraite
est importante. Mais, d'autre part, plus l'espérance de vie augmente, plus les
pensions diminuent. Leur indexation sur le PIB permet cependant d'atténuer la
baisse des retraites dans les périodes de forte croissance économique. Face
aux incertitudes entourant ladite croissance, certains observateurs estiment
toutefois qu'il faudra progressivement augmenter la part de capitalisation dans
le système de retraite suédois pour éviter une forte baisse des
pensions.
Le contexte italien. Les données
démographiques italiennes sont nettement moins favorables qu'en Suède. On compte
déjà aujourd'hui en Italie plus de 8 millions de retraités pour 18 millions de
cotisants. L'INPS (la caisse des retraites) connaît un déficit chronique (1,7
milliards d'euros en 2001). Et la situation ne devrait pas manquer de
s'aggraver. Le taux de natalité étant particulièrement faible (9
o/oo), il y aura en 2040 autant
d'Italiens de plus de 60 ans que de personnes âgées de 20 à 60 ans. Pour prendre
en compte ce facteur démographique, le gouvernement italien a entrepris, en
1995, une vaste réforme du système de retraite, dont la mise en œuvre doit
s'étaler dans le temps.
Le nouveau système de retraite. En 2008,
le nombre d'années de cotisation exigé pour percevoir une retraite à taux plein
passera à 40 (contre 35 aujourd'hui). A partir de 2013, l'âge de départ en
retraite ne pourra plus être inférieur à 57 ans. Comme en Suède, la réforme
prévoit par ailleurs de changer le mode de calcul de la pension de retraite.
Elle sera désormais calculée sur l'intégralité de la vie professionnelle, et non
plus sur une période de référence de dix ans. Le taux de remplacement passera,
pour un retraité de 65 ans ayant cotisé 40 ans, de 92% aujourd'hui à 70% en...
2050. En contrepartie, des mesures fiscales incitent les salariés à financer un
complément de retraite par l'intermédiaire d'un fonds de pension.
Des perspectives plus aléatoires. C'est
dans sa mise en œuvre, extrêmement progressive, que réside la principale
faiblesse du dispositif. Ses effets ne se feront pas pleinement sentir avant
2030. Qui plus est, l'Etat italien restera à cette date l'un des plus généreux
de l'OCDE. Pour corriger ces défauts, le gouvernement a annoncé son intention
de procéder à de nouveaux ajustements. Parmi les mesures envisagées : une
majoration d'environ 30% du salaire pour toute personne qui déciderait de
poursuivre son activité professionnelle au-delà de 65 ans. Autre piste de
réflexion : une baisse des cotisations – et donc des pensions versées par
la caisse de retraites – associée à un recours accru à la capitalisation, qui
deviendrait obligatoire.
Sources : Comité d'orientation
des retraites – Deutsche Bank
* Base = rapport entre un salaire
moyen et une pension perçue à l'âge de 65 ans.
** Les
critères d'espérance de vie ne font pas de distinction
hommes/femmes.
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