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Les retraites en Suède et en Italie (mars 2003)
En Suède, le système de retraite a la particularité d'être en partie indexé sur l'espérance de vie et l'évolution du PIB. Ce qui le rend théoriquement viable même en période de récession.
Cinq ans après la mise en place de sa dernière réforme, l'Italie prépare de son côté de nouveaux aménagements.

Le contexte suédois. Même si la situation démographique du pays est relativement favorable – le papy boom y sera moins marqué qu'ailleurs et la natalité s'est maintenue à un niveau satisfaisant – les départs en retraite se multiplieront en Suède à partir de 2005. Si le pays compte aujourd'hui 3,4 actifs pour une personne de plus de 65 ans, il n'en totalisera plus que 2,6 en 2020. Pour faire face à cette situation, les Suédois ont réformé (en 1999) leur système de retraite par répartition, mis en place dans les années 1960. Son principal défaut était de reposer sur une croissance économique dont la pérennité est devenue incertaine.

Le nouveau système de retraite.Les cotisations représentent aujourd'hui 18,5% du salaire (dont la moitié environ à la charge de l'employeur). 16% servent à financer la retraite par répartition, les 2,5% restant sont placés sur un fonds choisi par le salarié (capitalisation). L'âge de départ à la retraite est libre entre 61 et 67 ans, avec toutefois une minoration de la pension de 3,7% par année de départ avant 65 ans. Auparavant basé – pour partie – sur les salaires des 15 meilleures années, le montant de la retraite est désormais calculé sur l'ensemble de la vie professionnelle. Le taux de remplacement net (rapport entre la première pension et le dernier salaire) a baissé, passant de 66% à 55%*. Le système est supervisé par un organisme de contrôle : la Premium Pension Authority.

Un avenir assuré. La principale particularité du système se situe toutefois dans la mise en place d'un modèle mathématique de régulation devant garantir sa viabilité. La pension dépend en effet non seulement du montant des cotisations versées, mais aussi de l'espérance de vie et de l'évolution du PIB. Au moment de la cessation d'activité, le capital retraite est divisé par le nombre d'années qu'il reste théoriquement à vivre au retraité, selon des tableaux de mortalité**. Le résultat est double. D'une part, plus on travaille longtemps, plus la retraite est importante. Mais, d'autre part, plus l'espérance de vie augmente, plus les pensions diminuent. Leur indexation sur le PIB permet cependant d'atténuer la baisse des retraites dans les périodes de forte croissance économique.
Face aux incertitudes entourant ladite croissance, certains observateurs estiment toutefois qu'il faudra progressivement augmenter la part de capitalisation dans le système de retraite suédois pour éviter une forte baisse des pensions.

Le contexte italien. Les données démographiques italiennes sont nettement moins favorables qu'en Suède. On compte déjà aujourd'hui en Italie plus de 8 millions de retraités pour 18 millions de cotisants. L'INPS (la caisse des retraites) connaît un déficit chronique (1,7 milliards d'euros en 2001). Et la situation ne devrait pas manquer de s'aggraver. Le taux de natalité étant particulièrement faible (9 o/oo), il y aura en 2040 autant d'Italiens de plus de 60 ans que de personnes âgées de 20 à 60 ans. Pour prendre en compte ce facteur démographique, le gouvernement italien a entrepris, en 1995, une vaste réforme du système de retraite, dont la mise en œuvre doit s'étaler dans le temps.

Le nouveau système de retraite. En 2008, le nombre d'années de cotisation exigé pour percevoir une retraite à taux plein passera à 40 (contre 35 aujourd'hui). A partir de 2013, l'âge de départ en retraite ne pourra plus être inférieur à 57 ans. Comme en Suède, la réforme prévoit par ailleurs de changer le mode de calcul de la pension de retraite. Elle sera désormais calculée sur l'intégralité de la vie professionnelle, et non plus sur une période de référence de dix ans. Le taux de remplacement passera, pour un retraité de 65 ans ayant cotisé 40 ans, de 92% aujourd'hui à 70% en... 2050. En contrepartie, des mesures fiscales incitent les salariés à financer un complément de retraite par l'intermédiaire d'un fonds de pension.

Des perspectives plus aléatoires. C'est dans sa mise en œuvre, extrêmement progressive, que réside la principale faiblesse du dispositif. Ses effets ne se feront pas pleinement sentir avant 2030. Qui plus est, l'Etat italien restera à cette date l'un des plus généreux de l'OCDE.
Pour corriger ces défauts, le gouvernement a annoncé son intention de procéder à de nouveaux ajustements. Parmi les mesures envisagées : une majoration d'environ 30% du salaire pour toute personne qui déciderait de poursuivre son activité professionnelle au-delà de 65 ans. Autre piste de réflexion : une baisse des cotisations – et donc des pensions versées par la caisse de retraites – associée à un recours accru à la capitalisation, qui deviendrait obligatoire.

Sources  : Comité d'orientation des retraites – Deutsche Bank

  * Base = rapport entre un salaire moyen et une pension perçue à l'âge de 65 ans. 

  ** Les critères d'espérance de vie ne font pas de distinction hommes/femmes. 

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