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Fonds de retraite : le dossier redémarre (mai 1999)
La prise de conscience des problèmes de financement des retraites en France s'affirme, et l'ensemble des acteurs reconnaît aujourd'hui l'intérêt de diversifier les techniques de financement pour développer la capitalisation dans le système français.

Le système de retraite français a été presque entièrement fondé sur la répartition. C'est une technique qui a fait ses preuves et qui est particulièrement avantageuse en période de forte inflation, comme celle que la France a connue après la guerre.
Et la répartition a permis de verser des retraites à des travailleurs qui n'avaient jamais ou peu cotisé. Avec l'allongement de la durée de la vie, le raccourcissement de la vie active et le ralentissement de la croissance, les régimes par répartition connaissent des difficultés de financement, en France comme dans les autres pays développés.

 Petit à petit, des régimes supplémentaires par capitalisation, destinés à compléter la répartition, ont vu le jour : la Préfon pour les fonctionnaires dès 1967, et au début des années 1990, Fonpel pour les élus locaux, les produits " Loi Madelin pour les travailleurs non salariés " (TNS), Coreva pour les agriculteurs...
Quant aux salariés, s'ils bénéficient parfois de régimes supplémentaires par capitalisation, notamment dans les grandes entreprises, ils ne disposent pas de fonds de retraite qui permettent l'adhésion facultative dans un cadre collectif.
  
 
La répartition

La retraite par répartition repose sur le principe d'une solidarité entre les générations : les cotisations versées par les actifs pendant leur période d'activité financent les pensions de retraite de leurs aînés. Les actifs accumulent tout au long de leur période d'activité, des droits de retraite qui seront financés par les générations à venir.

 
 


Après 4 ans de débat, en mars 1997, la " loi Thomas " a créé des fonds d'épargne retraite au profit des salariés. Cette loi n'a jamais vu le jour en raison du changement de majorité en juin 1997 et le gouvernement a promis son abrogation. Ses opposants dénoncent le caractère trop individuel des fonds et les exonérations de charges sociales qui diminueraient les ressources des régimes par répartition.

 
 
La capitalisation

Les cotisations versées à un régime de capitalisation sont placées sur les marchés financiers pendant toute la période d'activité du travailleur (phase d'épargne), puis consommées par le versement de la prestation (rente ou capital) au départ à la retraite. Dans ce système, le régime dispose à tout moment des ressources nécessaires au service de l'intégralité de la rente qu'il a garantie.

 
   Un nouvel instrument d'épargne longue

Mais le projet de créer des fonds de retraite pour les salariés n'est pas abandonné pour autant. L'orientation de l'épargne vers les fonds propres des entreprises reste une préoccupation du gouvernement.
Récemment, la création des contrats d'assurance vie dits "DSK", investis majoritairement en actions françaises, confirme l'intérêt du gouvernement pour le sujet. La crise boursière de l'été 1998 a aussi fait prendre conscience de l'importance du capital des entreprises détenu par les fonds de pension étrangers, une raison de plus pour créer un nouvel instrument d'épargne longue.

 


Un nouveau projet de fonds de retraite pourrait voir le jour en 1999, lorsque Jean-Michel Charpin, Commissaire au Plan, aura remis les conclusions de la mission d'analyse du système de retraite qui lui a été confiée.
Quelle forme pourraient prendre ces nouveaux fonds de retraite?
Au mois d'octobre 1998, le gouvernement en a fixé le cadre. Le dispositif de plan d'épargne entreprise à long terme (PEELT) présenté par Jérôme Cahuzac, Député PS du Lot et Garonne, respecte les conditions définies par le gouvernement.

  Il devrait être :
- " plus collectif ", car mis en place par un accord d'entreprise ou de branche, conclu par les partenaires sociaux, et pour tous les salariés,
- " plus solidaire " grâce à un abondement de l'entreprise dégressif et non exonéré des cotisations vieillesse des régimes obligatoires,
- " plus centré sur la protection des adhérents ". Les partenaires sociaux seraient chargés du pilotage du fonds et du contrôle des résultats, de l'élaboration du cahier des charges et du choix du gestionnaire des fonds qui serait un professionnel.
  
 
Les fonds de retraite

Un fonds de retraite est un fonds collectif, à adhésion volontaire, fonctionnant en capitalisation, qui garantit le versement de prestations futures de retraite, grâce à une gestion technique et financière adaptée et des règles assurant la sécurité du fonds.

 


De plus, le projet de M.Cahuzac prévoit :
- " une incitation à l'entrée ". Le salarié bénéficierait d'un crédit d'impôt plafonné à 6% du salaire et à 1000F par mois; les salariés non imposables recevraient un chèque du Trésor Public;
- " une assurance pendant ". Les fonds seraient transférables lors d'un changement d'entreprise avec une revalorisation annuelle garantie. Des conditions de sortie anticipée, du même ordre que celles du PEE, seraient autorisées. La pension serait réversible. Le texte prévoit aussi des contrôles externes rigoureux.
- " l'attraction à la sortie ". Le choix entre sortie en capital ou en rente se ferait à l'entrée ou après chaque période de blocage des fonds de 10 ans.
Bien que l'auteur du projet souhaite réorienter l'épargne vers les entreprises, aucun seuil minimal d'actions ne serait fixé pour ne pas mettre en péril la retraite des salariés âgés, si une crise boursière intervenait au moment de leur départ en retraite. Affaire à suivre.

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