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Les experts réunis par la DGEFP sont unanimes : l'inéluctable
vieillissement de la population française aura d'importantes répercussions sur
le fonctionnement du marché du travail, si aucune modification profonde
n'intervient. Toutes les entreprises devront, de près ou de loin, affronter ce
choc démographique. Certaines s'y préparent déjà...
L'amélioration des conditions de travail. S'appuyant
systématiquement sur la concertation, les entreprises qui ont déjà commencé à
agir dans ce domaine ont exploré de multiples voies. Elles présentent cependant
de nombreuses caractéristiques communes. Au premier rang d'entre elles,
l'amélioration des conditions de travail, tant sur le plan physique que
psychologique. A cet effet, un constructeur automobile a mis en place une équipe
de plus de 50 ergonomes, chargés d'un suivi très précis de l'évolution des
postes, de l'évaluation de la « montabilité » des différentes pièces
et de la facilité de leur conditionnement.
Des trajectoires dynamiques. Créer les conditions
favorables à la poursuite de l'activité professionnelle des seniors impose
également de changer le regard porté sur les dernières années de carrière, trop
souvent perçues et vécues comme une période de déclin. La poursuite de la
formation tout au long de la vie, des actions de bilans de compétences et de
validation des acquis sont alors essentielles. Dans cet esprit, un constructeur
de véhicules industriels a signé un accord « Parcours et compétences »
avec les organisations syndicales. Il prévoit, en particulier, de faciliter la
gestion des parcours professionnels, de donner aux salariés les moyens de
développer leur professionnalisme et de leur offrir la possibilité de trouver un
intérêt renouvelé dans leur travail. Dans le même registre, un groupe européen
spécialisé dans l'électronique professionnelle propose chaque année des
entretiens de développement professionnel à l'ensemble des personnels. Depuis
l'an dernier, une attention particulière est portée aux plus de 50
ans.
L'aménagement des fins de carrière. Pour éviter la
démobilisation des salariés les plus âgés, un groupe industriel a par ailleurs
signé un accord sur la valorisation de l'expérience et la gestion des fins de
carrière. Des expériences similaires, basées sur des dispositifs de gestion
individualisée des situations, sont menées dans d'autres sociétés, où des
missions spécifiques sont confiées à des employés en fin de parcours
professionnel. L'un des objectifs poursuivis est de ne plus systématiquement
recourir aux départs en préretraite.
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L'emploi des
seniors en chiffres
La population active française vieillit. Selon l'Insee, la part
des 50-59 ans dans les entreprises est passée de 16% en 1995 à près
de 21% en 2001. Le choc démographique est d'autant plus important
pour le monde du travail qu'il s'accompagne de l'arrivée à l'âge de
la retraite des générations du baby-boom.
Maintenir en place les salariés les plus expérimentés est l'un
des moyens les plus évidents d'absorber ce choc, tout en permettant
la transmission des connaissances. Il reste toutefois un long chemin
à parcourir pour renverser les tendances sur le marché du
travail : aujourd'hui, le taux d'emploi des 55-64 ans n'est que
de 33,8%, contre 62,9% pour l'ensemble de la population d'âge
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