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Retraite  Magazine
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Retraites : la réforme définitivement adoptée (septembre 2003)
Le Parlement a adopté le projet de loi visant à réformer le système des retraites de base. La loi a été promulguée le 21 août 2003.

Allongement et harmonisation. La principale mesure de la loi du 21 août concerne l'allongement des durées de cotisation et leur harmonisation entre secteurs public et privé. La durée de cotisation nécessaire pour pouvoir prétendre à une retraite à taux plein sera de 40 ans pour tous en 2008, et atteindra progressivement 41 ans en 2012, « sous réserve de l'évolution des conditions démographiques, économiques et sociales ». Le calcul de la pension des salariés du public restera, quant à lui, basé sur les 6 derniers mois d'activité. Enfin, autre mesure phare, les « petites retraites » seront revalorisées : un salarié ayant été rémunéré au SMIC pendant toute sa carrière recevra ainsi une pension au moins égale à 85% du SMIC au jour de sa liquidation.

Travaux parlementaires. Les parlementaires ont voté les dispositions concernant les salariés qui ont commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans. Ces derniers pourront faire valoir leurs droits à la retraite avant 60 ans, à condition d'avoir une durée suffisante de cotisation. Sur l'initiative des députés, une partie de la période qu'ils ont effectuée au titre du service national pourra être considérée comme une durée cotisée. Des modalités assouplissant le dispositif de cessation progressive d'activité ont également été ajoutées par les parlementaires : à partir de 57 ans (au lieu de 58), les salariés pourront percevoir une partie de leur pension tout en poursuivant leur activité à temps partiel.  

Des mesures pour la famille. Par ailleurs, les femmes qui auront un enfant après le 1er janvier 2004 pourront comptabiliser une période de six mois supplémentaires, même si elles n'interrompent pas ou ne réduisent pas leur carrière professionnelle. Des mesures ont également été prises en faveur des conjoints survivants : la majoration de pension pour trois enfants élevés est désormais exclue des éléments de revenu pris en compte pour le calcul de la pension de réversion.

Information régulière. Autre nouveauté : le rachat de trois années n'ayant pas donné lieu à cotisation est désormais possible. Cette mesure concerne en particulier les années d'études supérieures, aucune exigence d'obtention d'un diplôme n'y étant assortie. Enfin, si elle réaffirme la prépondérance du système par répartition, la loi prévoit, selon des modalités qui restent à préciser, l'extension à l'ensemble des salariés du dispositif de retraite par capitalisation dont disposent déjà les fonctionnaires, la réorientation des produits d'épargne salariale vers les produits retraite ainsi qu'une information régulière sur le niveau des pensions.

 


 

    

« Le regard sur le travail des seniors a changé »

Arnaud d'Yvoire est secrétaire général de l'Observatoire des retraites, un groupe d'experts créé par les régimes Arrco et Agirc pour encourager l'étude et l'analyse de tous les systèmes de retraite (de base et complémentaire), en France et à l'étranger.


 

Considérez-vous que la réforme sauve le système de retraites par répartition  ?

C'est encore difficile à dire, dans la mesure où les pouvoirs publics ne maîtrisent pas tous les paramètres. En effet, la réforme a été conçue sur la base de données démographiques très fiables, mais aussi à partir d'un scénario qui prévoit un recul important du chômage. Si l'on s'en tient au secteur public, dans la mesure où l'Etat est l'employeur, il est censé maîtriser tous les éléments du problème. Même si elle est d'application progressive, la réforme aura donc des effets.
Pour ce qui est du privé, les prélèvements et les redistributions dépendront essentiellement de l'évolution de l'activité économique et de la société. Et ces changements sont beaucoup plus difficiles à appréhender. En revanche, ce qui est important, c'est que la réforme essaie d'infléchir les comportements.

Pour vous, son principal apport réside donc dans les changements de mentalité constatés ces derniers temps ?

C'est vrai que, si l'on se contente d'en juger les effets immédiats, la réforme n'est pas considérable. Il s'agit d'une adaptation de notre système de retraite, pas d'un bouleversement. En revanche, on l'a vu, son impact sur la société peut être important. L'un de ses effets bénéfiques est que le regard sur le travail des seniors, par exemple, a changé. Après avoir longtemps eu l'impression que la vie professionnelle s'arrêtait à 50 ou 55 ans, on entend désormais parler de transmission des compétences et des savoirs, de conditions de travail à améliorer pour que les salariés puissent rester en poste plus longtemps, de carrières à faire évoluer pour qu'elles restent attractives...

Reste maintenant à réformer le système des retraites complémentaires. Quels sont les points qui vous semblent prioritaires ?

En théorie, les régimes complémentaires ne sont pas obligés de s'aligner sur le régime de base. Mais politiquement, cette position est difficile à tenir. A terme, en 2008, il faudra donc débattre du passage de 40 ans à 41 ans de cotisation. La loi prévoit également la possibilité de racheter trois années d'études. Là encore, je vois mal comment les régimes complémentaires pourraient ne pas s'adapter.

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