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Pensions de réversion : comparaison entre pays d'Europe (décembre 2007)
Une étude du Sénat a comparé les systèmes de pensions de réversion de sept pays européens*. Résumé des dispositifs prévus par les régimes de base.

Danemark et Pays-Bas : réversion supprimée. Deux pays ont purement et simplement supprimé les pensions de réversion : le Danemark en 1984 et les Pays-Bas en 1996. Dans ces deux pays, après le décès de l'assuré, le conjoint survivant bénéficie d'une augmentation de sa pension personnelle de base, non contributive (le versement de cette prestation est indépendant de tout emploi, mais dépend de la durée de résidence dans le pays).

 

Au Danemark, toutefois, lorsque les deux membres du couple percevaient une pension (pension de retraite, de préretraite, d'invalidité...), le survivant a droit pendant trois mois, en plus de sa pension personnelle, à une pension de veuf, égale au montant cumulé des pensions des deux conjoints avant le décès. Le versement de cette pension est subordonné à la cohabitation des intéressés au moment du décès, ce qui exclut par exemple tout hébergement dans un établissement spécialisé. Une allocation de décès est versée, sous conditions de ressources, aux survivants qui ne bénéficient pas de cette pension de veuf. Cette prestation n'est versée qu'une fois. Son versement est subordonné à une durée minimale de cohabitation de trois ans.

 

Aux Pays-Bas, la pension personnelle du conjoint survivant est augmentée, s'il est âgé d'au moins 65 ans. S'il est âgé de moins de 65 ans, sa pension personnelle ne change pas et une allocation de veuvage lui est attribuée, à condition qu'il ait à sa charge un enfant mineur, ou qu'il soit atteint d'une incapacité de travail d'au moins 45%, ou qu'il soit né avant le 1er janvier 1950.

 

 

Suède : prestation d'adaptation. En Suède, la réforme de 1990 a supprimé la pension de réversion viagère, réservée aux femmes, au profit d'une prestation d'adaptation**, accordée aux hommes comme aux femmes. Cette prestation s'élève à 55% du montant de la pension que percevait ou qu'aurait perçue l'assuré. Son versement est limité à un an. Les femmes mariées avant le 1er janvier 1990 bénéficient encore d'une pension de réversion du régime général. Elles peuvent la cumuler avec leur propre retraite. Mais plus les intéressées sont jeunes, plus les plafonds autorisés sont bas.  

 

 

Royaume-Uni : forfait plafonné. Au Royaume-Uni, le régime de base attribue une pension forfaitaire, proportionnelle à la durée de cotisation. Le cas échéant, le conjoint survivant peut cumuler ses droits propres et ceux de son conjoint, mais la pension est plafonnée : elle ne peut pas dépasser le forfait attribué aux assurés dont la carrière est complète (84,25 £ par semaine pour l'année 2006-2007, soit environ 125 euros).

 

 

Italie : pensions sous conditions. L'Italie continue de verser des pensions de réversion, mais les a accompagnées, depuis 1995, de conditions de ressources, si le conjoint survivant n'a pas d'enfant à charge.

 

La pension de réversion est égale à 60 % de la pension de retraite déjà versée à l'assuré ou, en cas de décès prématuré, à 60 % de la pension à laquelle ce dernier aurait eu droit le jour de son décès. Ce taux est porté à 80 % lorsque le survivant a un enfant à charge et à 100 % lorsqu'il en a au moins deux.

 

Par ailleurs, la pension de réversion du conjoint survivant peut être partagée avec d'éventuels ex-conjoints divorcés, si le jugement de divorce leur a accordé une prestation compensatoire.

 

 

Espagne : une générosité menacée. En Espagne, le conjoint survivant bénéficie d'une pension de réversion viagère, à condition que l'assuré qui décède soit retraité ou ait cotisé pendant une période minimale. En présence d'ex-conjoints non remariés, cette pension peut être partagée, proportionnellement à la durée des unions.

 

Depuis le 1er janvier 2004, le taux de la pension de réversion est de 52 %***. Les versements de juin et de novembre sont doublés. Son octroi n'est subordonné à aucune condition de ressources ou d'âge.

 

Une réforme est toutefois envisagée. Une condition de ressources devrait être introduite, ainsi qu'une condition de durée minimale de mariage. Par ailleurs, le bénéfice de la pension de réversion ne serait plus réservé au conjoint stricto sensu. Les concubins pourraient en bénéficier, à l'issue d'une période de cohabitation suffisamment longue.

 

 

L'Allemagne : un cas particulier. Outre-Rhin, pendant les trois mois qui suivent le décès, le survivant, quelles que soient ses ressources, perçoit la pension de réversion au taux de 100%. Ensuite, les deux régimes de base (général ou régime des fonctionnaires) accordent une pension de réversion viagère au conjoint survivant, équivalent à 55% de la pension que percevait ou aurait perçu l'assuré. Des bonifications sont prévues en fonction du nombre d'enfants à charge. La principale différence entre les deux régimes réside dans l'absence de condition de ressources chez les fonctionnaires.

 

Les salariés du privé qui dépassent les conditions de ressources requises pour bénéficier d'une pension de réversion viagère perçoivent la « petite pension de veuvage », pendant deux ans. Comme la pension de réversion viagère, elle est versée à taux plein pendant trois mois. Ensuite, elle s'élève à 25% de la pension de l'assuré.

 

Par ailleurs, les couples allemands peuvent choisir un autre système que celui de la réversion, et opter pour le partage des droits à pension. Les droits acquis pendant le mariage sont alors considérés comme appartenant aux deux conjoints et sont partagés lorsque le plus jeune prend sa retraite ou lorsque l'un des deux décède. Dans ce dernier cas, le conjoint survivant perçoit une pension correspondant à la totalité de ses droits acquis hors mariage et à la moitié des droits communs acquis pendant le mariage. Les droits à pension peuvent être partagés indépendamment de toute condition d'âge en cas de décès prématuré, mais à condition que le survivant totalise 25 années d'assurance. Les droits issus du partage ne dépendent d'aucune condition de ressources (à la différence de la pension de réversion) et restent acquis si le titulaire se remarie. Cette faculté est offerte aux couples mariés à partir du 1er janvier 2002, ainsi qu'à ceux mariés auparavant, mais dont les deux membres avaient moins de 40 ans à cette date.

 

 

* Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. Voir aussi notre article sur le système de réversion en France.

 

** Cette suppression de la pension de réversion est toutefois progressive. Les anciennes règles continuent de s'appliquer de façon transitoire aux femmes qui étaient mariées avant le 1er janvier 1990.

 

*** 50% pour les fonctionnaires.

 

 

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