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Les
dernières années de l'ancien système. En
Italie, deux systèmes de retraite par répartition cohabitent. Le premier
s'applique entièrement aux générations qui cesseront leur activité avant 2015.
Les retraités perçoivent une retraites qui se décompose en deux parties :
-
la
pension de vieillesse, versée à partir de 65 ans pour les hommes et 60 ans
pour les femmes, avec une durée de cotisation minimale de 20
ans ;
-
la
pension d'ancienneté, versée sans condition d'âge après 40 années de
cotisations, ou à partir de 57 ans pour les salariés totalisant 35 années de
cotisations.
La
réforme de 2005 concernait essentiellement la pension d'ancienneté. Elle
prévoyait de relever, dès le 1er janvier 2008, l'âge minimum pour
percevoir ladite pension à 60 ans avec 35 années de cotisation. Le projet
actuellement à l'étude envisage d'échelonner ce passage : l'âge requis ne
serait ainsi que de 58 ans en 2008. Parallèlement, des mécanismes de
pénalisation et de bonification favoriseraient les départs plus tardifs et les
femmes ne pourraient plus percevoir la pension de vieillesse avant l'âge de 62
ans*.
Un
nouveau système moins avantageux. Pour
ceux qui prendront leur retraite à partir de 2015, un système basé sur la
capitalisation, introduit par la réforme de 1995, entrera progressivement en
vigueur**. Les cotisations versées tout au long de la carrière s'accumuleront
sur un compte. Au moment du départ en retraite, un coefficient de valorisation
leur sera appliqué pour déterminer le montant de la pension. Pour stabiliser le
taux de cotisation (32,7% du salaire brut dans le système actuel), ce
coefficient de valorisation sera réévalué tous les 10 ans : il diminuera
lorsque l'espérance de vie grandira. Par ailleurs, il augmentera avec l'âge de
départ en retraite, qui pourra s'échelonner entre 57 et 65 ans.
Dans
tous les cas, ce deuxième système se révèle beaucoup moins généreux que le
premier. Selon les estimations officielles, le niveau de pension moyen pourrait
passer de 66% à 33% du salaire moyen entre 2002 et 2050. Pendant plusieurs
années, les deux systèmes coexisteront, mais les générations qui prendront leur
retraite à partir de 2025-2030 seront particulièrement pénalisées.
Développer
les retraites par capitalisation. Pour
compenser ces fortes baisses programmées, le gouvernement mise sur l'essor des
systèmes de retraite par capitalisation mis en place ces dernières années. Leur
succès est, pour l'instant, limité : fin 2005, seuls 13% des actifs
italiens adhéraient à un fonds de pension et environ 5% disposaient d'un contrat
individuel de retraite complémentaire.
Pour
favoriser leur développement, la réforme actuelle prévoit de transférer dès
cette année, plutôt qu'en juin 2008, le traitement de fin de carrière*** que
perçoivent les employés italiens. Jusqu'à présent géré par les entreprises, il
sera versé à l'Institut national de la prévoyance sociale**** (INPS, équivalent
du régime d'assurance vieillesse). Ce transfert s'effectuera uniquement dans les
entreprises de plus de cinquante salariés.
Un
processus appelé à se poursuivre ? Dans
un contexte de forts déséquilibres intergénérationnels, de nombreux experts
considèrent que le problème des
pensions des plus jeunes générations est loin d'être réglé.
* Cette partie de la réforme est encore en cours de
négociation.
** Une personne prenant sa retraite après 2015 percevra une partie de sa
pension calculée selon les modalités du premier système et une autre selon les
modalités du second. Ainsi, en 2030 on estime que 52% des retraites seront
servies de manière mixte.
***Il correspond environ à un mois de salaire par année
d'activité.
**** Jusqu'au 30 juin 2007, les employés italiens avaient la possibilité,
sur demande expresse, de faire verser leur traitement de fin de carrière sur un
fonds de pension.
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