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Grande-Bretagne : une nouvelle réforme du système de retraite (mars 2007)
Pour la deuxième fois en dix ans, le gouvernement britannique entame une réforme de son système de retraite. Une récente étude de l'Ires (Institut de recherches économiques et sociales) examine l'urgence de la situation.
Une situation catastrophique. Objet de nombreuses réformes, le système de retraite en Grande-Bretagne se compose d'une mosaïque de dispositifs : régimes d'entreprises, dispositifs d'épargne retraite individuelle, régimes gérés par l'État ...

Tous ces dispositifs ont un point commun, la dégradation de leur situation. Comprises entre 120 et 170 euros par semaine, les pensions versées par l'Etat figurent parmi les plus faibles d'Europe et devraient encore diminuer de 30% dans les 30 ans à venir. Quant aux fonds de pension, les observateurs estiment à 220 milliards d'euros les réserves manquantes pour leur permettre d'honorer leurs engagements auprès des souscripteurs.

Résultat : 11% des personnes de plus de 65 ans vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2004 et plus de 10% des retraités britanniques poursuivent une activité à temps partiel pour compenser l'insuffisance de leurs revenus. En outre, 8 millions de personnes ne cotisent à aucune caisse de retraite. Le gouvernement a donc publié un livre blanc en mai 2006. Il expose les grandes lignes de la réforme à venir.


Une indexation sur les salaires. Mesure phare de la réforme annoncée : le rétablissement, à partir de 2012, du lien entre la retraite de base versée par l'État et les salaires. En 1981, le gouvernement de Margaret Thatcher avait en effet indexé les pensions sur l'inflation. Or, de mars 2005 à mars 2006, l'inflation s'élevait à 1,8% pendant que les salaires augmentaient de 4,2%. Plus avantageux pour les retraités, le nouveau dispositif aura cependant un coût plus élevé. Les retraites devraient coûter à l'État 6,7% du PIB, contre 5,2% actuellement.


Un recul progressif. Pour financer cette hausse, l'âge minimal de départ en retraite des salariés du privé sera progressivement reculé pour les personnes aujourd'hui âgées de moins de 47 ans. Il passera de 65 à 66 ans en 2024, puis 67 ans en 2034 et 68 ans en 2044. En contrepartie, le nombre d'années de cotisation exigées pour percevoir la retraite d'Etat complète sera ramené de 39 ans pour les femmes et 44 ans pour les hommes à 30 ans pour tous*.

L'épargne obligatoire. Enfin, le gouvernement entend instaurer, à partir de 2012, un plan national d'épargne retraite, obligatoire pour tous les salariés de plus de 22 ans. 4% de leur salaire y sera versé : 1% par le salarié (qui bénéficiera en conséquence d'allègements fiscaux) et 3% par les entreprises. Cette mesure pourrait être aménagée pour les plus petites entreprises.

Même si les syndicats émettent de nombreuses réserves, ce projet de réforme recueille un assez large consensus. L'étude de l'Ires souligne ainsi que les partis d'opposition l'ont approuvée et que des observateurs sont allés jusqu'à la qualifier de « modèle de dialogue social ».

* Les fonctionnaires recrutés à partir de 2006 devront, pour leur part, travailler jusqu'à 65 ans au lieu de 60. Ils pourront toutefois bénéficier d'une retraite entière dès 60 ans s'ils ont suffisamment cotisé : la somme de leur âge et de leurs années de cotisation doit atteindre 85 (un fonctionnaire de 60 ans doit avoir cotisé 25 ans, un fonctionnaire de 65 ans doit avoir cotisé 20 ans).

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