Des
possibilités élargies. La
réforme des retraites menée depuis 2001 a entraîné une baisse durable du niveau
des pensions distribuées dans le cadre du régime de base. Ainsi, le taux de
remplacement (rapport entre la pension perçue et le dernier salaire) devrait
baisser de 10% dans les 25 ans à venir.
Pour
inciter les Allemands à prendre en main le financement de leurs retraites,
l'adhésion à des régimes de prévoyance individuels ou d'entreprise donne
désormais lieu à des aides fiscales.
Retraites
d'entreprise.
Jusqu'en 2001, les retraites d'entreprise allemandes dépendaient uniquement de
la volonté des employeurs, qui étaient les seuls à les financer. Les dépenses y
afférant représentaient, en moyenne, 5% de la masse salariale, avec une
prédominance, depuis les années 1990, des régimes à cotisations définies.
La réforme a
maintenu ces régimes d'entreprise traditionnels,
tout en attribuant aux salariés le droit de convertir une part de leur salaire
en épargne retraite. Dans cette hypothèse, ceux-ci bénéficient de deux types
d'aides : soit une subvention à la cotisation (versement forfaitaire
indépendant du revenu), soit d'une déduction fiscale des cotisations. En 2005,
la prestation forfaitaire est de 76 euros par personne, plus 92 euros par enfant
à charge, quel que soit le montant de la cotisation (qui ne peut toutefois être
inférieur à 45 euros annuels). La déduction fiscale maximale s'élève, quant à
elle, à 1050 euros. Elle atteindra 1575 euros en 2006 et 2100 euros en
2008.
Enfin,
contrairement aux cotisations, exonérées d'impôt (et jusqu'en 2008 de charges
sociales), les prestations des régimes d'entreprise sont
imposables.
Quatre
dispositifs. Les
modalités d'accès à l'épargne retraite peuvent faire l'objet d'un accord
collectif ou se négocier directement entre l'employeur et le salarié. Dans ce
cas, moins fréquent et souvent réservé aux cadres supérieurs, elles figurent
dans le contrat de travail du salarié.
La
mise en place d'un régime de retraite d'entreprise peut prendre quatre
formes :
-
Souscription
par l'employeur, pour le compte de ses salariés, d'un contrat collectif auprès
d'une société d'assurance.
-
Institution,
à l'initiative patronale, d'une caisse de pension pour une ou plusieurs
entreprises, gérée par un organisme d'assurance indépendant. Elle n'est pas
tenue à une obligation de garantie des droits en cas
d'insolvabilité.
-
Création
de fonds de pension. Ils disposent d'une plus grande liberté de placement que
les caisses mais doivent offrir un niveau minimum des prestations comme
garantie contre l'insolvabilité.
-
Constitution
par l'employeur d'une réserve destinée à offrir aux salariés une retraite
d'entreprise qui complètera leur pension. Cette formule ne permet toutefois ni
la conversion du salaire en épargne retraite, ni le recours aux aides
publiques.
Premier
bilan. La
mise en place de ces dispositifs a permis la signature de 4,5 millions de
nouveaux contrats. En mars 2003, près de 10,5 millions de salariés du privé (sur
24 millions) disposaient d'un régime d'entreprise. Les branches banque et
assurance, mine et énergie affichent les taux de couverture les plus
élevés : 70% des salariés y ayant droit en bénéficient. Les chiffres
restent toutefois assez éloignés des objectifs initiaux. Pour expliquer cet
échec relatif, l'étude met en avant la détérioration de la situation des marchés
financiers, un dispositif complexe et des aides insuffisamment
attrayantes.
L'étude
de l'Ires note malgré tout une participation accrue des salariés au financement
de ces régimes. Ainsi, la part des systèmes à financement mixte (employeur,
salarié) est passée de 27% à 35% entre décembre 2001 et mars 2003. Une fois sur
quatre, les salariés sont même seuls à financer les prestations.
Enfin,
l'étude souligne les aspects inégalitaires du nouveau système. Plus avantageux
pour les revenus moyens et élevés, il est également plus favorable aux hommes
qu'aux femmes : du fait d'une espérance de vie plus longue, elles
perçoivent une pension plus faible à partir de cotisations
identiques.