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La situation du client
Monsieur et Madame Grands-Parents sont aujourd'hui à la retraite. Agés de 68
et 63 ans, ils disposent d'un patrimoine mobilier et immobilier conséquent qui
leur permet de bénéficier de revenus confortables. Ils vivent désormais dans
leur résidence secondaire dans le sud de la France. Leur ancienne résidence
principale, située dans la région parisienne et qu'ils n'ont pas souhaité vendre
fait désormais l'objet d'une location. Il pense en effet que le marché offrira
bientôt de meilleures perspectives.
Marie, leur fille unique âgée de 32 ans s'est mariée en 1988 avec François.
De leur union est né Arthur qui vient d'avoir 9 ans.
L'objectif du client
Dernièrement, M.G.P s'est aperçu que des dispositions en vigueur depuis 1996
favorisaient les donations réalisées au profit des petits-enfants. Il pense à
juste titre qu'il faut profiter de telles opportunités. Il souhaite également
réorienter une partie de son patrimoine et placer sur un contrat d'assurance vie
une somme importante. Inquiet du sort réservé aux jeunes générations, il
souhaite que son petit-fils dispose à sa majorité d'un capital suffisant pour
réaliser ses études ou pour entrer dans la vie active.
Le client est préoccupé car depuis quelque temps, il est brouillé avec sa
fille. Les relations se sont dégradées suite aux différents problèmes financiers
que son gendre a rencontrés dans ses affaires. Les créanciers n'ont pas épargné
le patrimoine familial. M. G.P qui a avancé des fonds quand le couple en
avait besoin ne veut plus s'engager à son égard.
Il est préoccupé par le fait que les capitaux transmis au profit de son
petit-fils pourraient être soumis à la gestion hasardeuse de son gendre. Il
connaît mal les limites de l'administration des biens d'un mineur par ses
parents. Il sait que l'assurance vie permet dans certaines limites de
transmettre des capitaux hors droits de succession. Il pense désigner son
petit-fils comme bénéficiaire de son contrat d'assurance vie. Si le grand-père
vient à décéder alors que le petit-fils est encore mineur le même problème se
posera.
Il demande alors à son conseiller quelles seraient les solutions tant pour
une donation que pour l'aménagement de la clause bénéficiaire.
La réponse du
conseiller
Jusqu'en 1996, les donations consenties en faveur des petits enfants étaient
imposables dans les conditions de droit commun et ne bénéficiaient d'aucun
abattement spécifique.
Désormais, les donations consenties à compter du 1er avril 1996 par les
grands-parents au profit de chacun de leurs petits enfants bénéficient d'un
abattement spécifique de 100 000 F sur chaque part reçue. De plus, la Loi de
Finances pour 1999 a unifié et relevé les taux de réduction de droit applicable
à toutes les donations : 50% lorsque le donateur a
moins de 65 ans, 30% entre 65 et 75 ans,à titre
transitoire, les donations effectuées jusqu'au 31 décembre 1999, bénéficient,
sans limite d'âge, d'une réduction de 30%. Ce régime transitoire pourrait
être prorogé jusqu'au 30 juin 2001.
C'est donc au total 200 000 F qui pourront être transmis à Arthur sans droit
de mutation. Il faut souligner que cet abattement ne prévaut que pour les
donations. M. et Mme G.P ont donc tout intérêt à opérer une transmission de leur
vivant.
Le couple Grands-Parents se demande comment réaliser une donation au profit
de leur petit-fils sans que ses parents puissent disposer des fonds.
La loi permet de déroger aux règles de l'administration légale lorsqu'une
libéralité est faite au mineur sous condition que les biens soient administrés
par un tiers. L'exclusion de l'administration légale sur le bien objet de la
transmission entraînera la disparition du droit de jouissance légale de
l'administrateur mais seulement sur ce bien précis.
Le tiers désigné pourra être un notaire qui sera chargé d'assurer ou de
surveiller la gestion des fonds jusqu'à la majorité d'Arthur qui en aura alors
la pleine disposition.
De la même façon que l'on vient de le voir pour les donations, la clause
bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie peut permettre d'aménager les
modalités de gestion des capitaux versés au décès de l'assuré. Cette clause
prévoira que si l'assuré, M. G.P décède alors qu'Arthur est mineur, les fonds
seront gérés jusqu'à sa majorité par un tiers administrateur. La clause
pourra être rédigée ainsi : "Si le bénéficiaire est mineur au décès de
l'assuré, le capital sera versé entre les mains de Y, à charge pour lui de gérer
ce capital jusqu'à sa majorité conformément aux dispositions de l'article 389.3
alinéa 3 du Code civil."
Vu l'importance et la complexité de telles dispositions, il peut apparaître
judicieux de prévoir de faire référence à un notaire dans la clause
bénéficiaire. La clause bénéficiaire fera alors référence aux dispositions
prises à cet égard et déposées chez Maître X.
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1er encart
Les mesures de restriction de l'administration légale prévues dans une
donation ou dans un contrat d'assurance vie nécessitent beaucoup de
précautions. L'intervention d'un notaire est indispensable. Cette
solution sera particulièrement appréciée par les grands-parents qui
souhaitent avantager leurs petits-enfants tout en se méfiant de la gestion
des parents ou encore par les parents divorcés qui souhaitent qu'en cas de
décès, leur ex-époux ne dispose pas de l'administration légale sur tous
les biens qui composent la succession et qui reviendront à leur enfant
mineur. |
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2ème encart
La gestion du patrimoine de l'enfant Les règles organisant la
gestion des biens de l'enfant dépendent de sa situation familiale. Si
l'enfant est placé sous l'autorité de ses père et mère, ceux-ci ont :
- l'obligation de gérer ses biens, cette charge étant qualifiée
d'administration légale,
- le droit de percevoir les revenus personnels de leur enfant de moins
de 16 ans, cette prérogative étant qualifiée de jouissance légale
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