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L'épargne au féminin. C'est peut-être le résultat
le plus inattendu de l'étude : entre les deux tiers et les trois quarts des
femmes affirment jouer, seules ou à égalité avec leur mari, un rôle décisif
quand il s'agit de choisir où investir les économies du ménage, y compris
en Bourse, avouant y trouver « plaisir » et
« satisfaction ». Dans le détail, les femmes se démarquent des
hommes sur deux points : elles commencent à épargner plus tôt dans leur vie et
sont beaucoup plus nombreuses à privilégier les produits les plus sûrs (71% des
femmes contre seulement 52% des hommes). Elles trouveraient cependant
dévalorisant de se voir proposer des produits financiers spécialement conçus à
l'intention des femmes. Les hommes - qui s'attribuent également la
responsabilité du choix des placements ! - semblent planifier davantage les
projets à long terme tels que la retraite.
Des disparités géographiques.
L'étude fait également apparaître des différences dans le comportement des
épargnants, selon leur lieu de résidence. En Auvergne et dans le Limousin, où
ils sont en général plus âgés que la moyenne nationale, ils disposent d'un
patrimoine financier et immobilier plus important. Dans le Nord, les épargnants,
qui présentent un profil plus jeune, préfèrent les placements plus risqués.
Cette attirance pour les investissements à risque est partagée par les habitants
de Paris et des grandes villes, qui par ailleurs épargnent moins que la moyenne.
Enfin, dans l'Est, c'est la propriété immobilière qui recueille le plus de
suffrages.
Une bonne résistance aux aléas.
Face aux mauvais résultats enregistrés par la Bourse l'an dernier, les
épargnants ont fait le dos rond. Seuls 6% des petits porteurs envisagent en
effet de vendre leurs titres, quand le quart d'entre eux compte bien profiter
des possibilités qu'offre un bas niveau de cours. Enfin, ils sont 37% à se
réorienter vers la gestion collective. Reste malgré tout que la situation de
l'emploi, la faible croissance et le sentiment d'inflation lié au passage à
l'euro ont joué sur le moral des épargnants. Pour la première fois depuis 1996,
ils ressentent dans leur majorité une impression d'appauvrissement
personnel.
Six profils
type
Déjà élevé, le taux d'épargne en France a
encore augmenté l'an dernier. La France est le seul pays d'Europe où
ce taux n'a pas baissé depuis 5 ans. Dans son étude, menée auprès de
3000 personnes, l'Observatoire Caisse d'Epargne a identifié six
socio-types dont il suivra les évolutions au fil des ans. Les
réalisateurs représentent 21,2% de la population. Peu
intéressés par les placements, ils choisissent l‘épargne utile,
destinée à réaliser des projets. Plus aisés que la moyenne, les
stratèges (17,3%) investissent leur argent pour le faire
fructifier. Poursuivant plusieurs objectifs, ils visent souvent le
long terme et la transmission de leurs biens. La valorisation du
patrimoine des tacticiens (17%) est d'abord l'instrument d'un
plus grand confort de vie. Ils privilégient donc l'épargne de
rendement. Les surfeurs (15,7%) conjuguent épargne et
dépenses et s'inscrivent dans une culture de l'instant et du
plaisir. A l'inverse, les économes (15,2%)
sont souvent des ménages à faibles
revenus, des personnes âgées ou seules. Fréquemment en décalage avec
leur aspiration à vivre mieux, ils s'imposent un effort d'épargne
par nécessité ou pour se rassurer. Enfin, les
distanciés (13,6%) sont majoritairement
âgés et voient l'épargne comme une garantie de leur autonomie. Ils
envisagent de transmettre ce qu'il restera de leur patrimoine quand
ils auront bien profité de la
vie. |
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