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La loi de finances rectificative pour 2011 a modifié certaines dispositions
de la fiscalité du patrimoine cet été. Validée par le Conseil constitutionnel le
28 juillet, elle vise à rééquilibrer les modalités d’imposition des "hauts
patrimoines" en allégeant la taxation de la détention du patrimoine, mais en
alourdissant celle de sa transmission. Elle atténue le barème de l’ISF, supprime
le bouclier fiscal et revalorise certains droits de donation et de succession
ainsi que le taux de prélèvement sur les contrats d'assurance vie.
L’allégement du barème de l’ISF Le seuil à partir
duquel un contribuable est redevable de l’impôt de solidarité sur la fortune
(ISF) a été relevé. Dès cette année, il passe de 800 000 à 1,3 million d'euros.
Les contribuables dont le patrimoine est inférieur à ce nouveau seuil ne sont
désormais plus imposables à l’ISF. A partir de 2012, seuls deux taux
d’imposition seront appliqués au patrimoine éligible à l'ISF. Il est fixé à 0,25
% entre 1,3 et 3 millions d’euros de patrimoine net taxable et à 0,50 % au-delà
de 3 millions d’euros. Pour atténuer les effets de seuils de ce dispositif, une
décote sera appliquée aux patrimoines compris entre 1,3 million et 1,4 million
d’euros ainsi qu'à ceux compris entre 3 millions et 3,2 millions d’euros.
La fin du bouclier fiscal et du plafonnement de
l’ISF La réforme supprime le bouclier fiscal, dispositif limitant le
montant des impôts directs à un maximum de 50 % des revenus. Le bouclier fiscal
avait été créé par la loi du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et
du pouvoir d’achat (dite loi TEPA). Il disparaîtra en 2013, mais verra son
fonctionnement modifié lors de ses deux dernières années d'application. Pour les
revenus 2011, les bénéficiaires du bouclier fiscal pourront se faire rembourser
le trop-payé d’impôt par le fisc le 30 septembre au plus tard ou l’imputer sur
leur ISF. Pour les revenus 2012, la restitution de la créance que détient le
contribuable sur l’Etat ne donnera pas lieu à un remboursement. Elle sera
déduite de la cotisation d’ISF due au titre de la même année et des années
suivantes, le cas échéant.
Des droits de succession et de donation alourdis Parmi
d’autres mesures, la Loi de finances rectificative a augmenté de 5 points les
taux applicables aux deux dernières tranches d’imposition pour les successions
et donations en ligne direct et les donations entre conjoints ou partenaires de
PACS. De plus, les réductions de droits de donation liées à l’âge du donateur
sont supprimées (1). Les modalités de transmission par donation ou succession
de parts ou actions de sociétés faisant l’objet d’un engagement collectif de
conservation dit « pacte DUTREIL » sont assouplies. Le rapport fiscal des
donations (2) est porté de 6 à 10 ans avec un dispositif de lissage pour les
donations effectuées entre 6 et 10 ans. En outre, le taux du droit de partage en
cas de sortie d’une indivision est porté de 1,1 % à 2,5 % à compter du 1er
janvier 2012.
Les dispositions sur l'assurance vie Concernant
l'assurance vie, le taux de taxation au décès de l'assuré est porté de 20 à 25 %
pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant la somme de
902 838 € (pour 2011). Les règles relatives aux clauses bénéficiaires démembrées
des contrats d'assurance vie ont également été revues. Désormais, en cas de
démembrement de la clause bénéficiaire, le nu-propriétaire et l’usufruitier sont
considérés comme bénéficiaires au prorata de la part leur revenant dans les
sommes, rentes ou valeurs versées par l’organisme d’assurance, déterminée par le
barème prévu à l’article 669 du Code général des impôts. L’abattement de 152 500
€ est réparti entre les bénéficiaires dans les mêmes proportions. A noter
également que le régime fiscal des capitaux décès des contrats souscrits par des
non-résidents fiscaux français ainsi que celui des prestations de retraite
versées sous forme de capital ont été revus.
Notes 1 - Ces réductions ne subsistent que pour certaines
transmissions d’entreprise : donateur âgé de moins de 70 ans pour une donation
en pleine propriété remplissant les conditions prévues par les articles 787 B et
C du Code général des impôts 2 - Le rapport fiscal (ou rappel fiscal)
consiste à tenir compte des donations antérieures pour le calcul des droits de
mutation à titre gratuit (droits de succession) lors d’une nouvelle donation ou
d’une succession
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