Les
dons manuels. Depuis
la promulgation de la loi Tepa, en août 2007, l’abattement personnel lié aux
donations parents-enfants a été augmenté. Il a été réactualisé au 1er janvier
2009, de sorte que chaque
parent peut actuellement
transmettre, tous les six ans, jusqu'à 156 359 € à chacun de ses enfants,
sans avoir à verser de droits de donation. De la même façon, chaque grand-parent
peut disposer d'une enveloppe de 31 271€ pour chacun de ses petits-enfants hors
imposition. Pour les arrière-grands-parents, le plafond est fixé à 5 212 € par
arrière-petit-enfant. Tous ces plafonds seront réactualisés au 1er janvier
prochain.
Le
don de somme d’argent. Jusqu'au
31 décembre 2009, les personnes de moins de 65 ans peuvent également procéder,
une seule fois, à un don exceptionnel supplémentaire de 31 271 €, net de droits,
à chacun de leurs descendants directs. Le donataire doit alors être majeur ou
mineur émancipé. Le montant de ce don exceptionnel doit être réévalué dans le
cadre de la loi de finances pour 2010.
L'enregistrement.
Les dons manuels présentent la particularité de n'être pas par eux-mêmes
taxables, sauf dans certaines situations ; leur enregistrement n'est donc pas en
principe obligatoire. En revanche, le fait de révéler les dons manuels à
l’administration, de façon voulue ou subie, engendre l’obligation de les
déclarer ou faire enregistrer, et la taxation qui en découle, dans un délai d'un
mois à compter de la révélation. L'enregistrement des dons de somme d’argent est
quant à lui conseillé.
L'impact
sur la succession. Le
calcul de l'actif successoral s'effectue sur les biens existant au jour du
décès. Mais les biens qui ont fait l'objet d'une donation, même plusieurs
décennies plus tôt, doivent être compris dans l’actif à répartir. Le montant en
sera alors intégré à la somme à partager, et déduit de l'héritage du
donataire.
Un
exemple chiffré. Le
père de trois enfants décède sans avoir rédigé de testament, en laissant un
actif successoral net de 130 000
euros. Mais il avait, dix ans auparavant, procédé à un don de 50 000 euros en
faveur de l'un de ses fils, en avancement de part successorale. La succession
sera calculée sur la base d'un actif de 180 000 €. Chaque enfant a droit à un
tiers de l’actif successoral ainsi reconstitué, soit 60 000 euros chacun.
Le fils déjà bénéficiaire de la donation n’aura droit qu’à 10 000 euros,
tandis que ses frères hériteront de 60 000 euros
chacun.
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D'autres
possibilités
Le
versement d'une pension et l'attribution d'un logement à titre gratuit
constituent d'autres moyens de venir en aide à un descendant. Mais, de la
même façon que pour un don manuel, ses frères et sœurs seront en droit de
demander dans certains cas que le montant de la pension ou du loyer offert
soit déduit de l'héritage de celui qui en a bénéficié.
Consentir
un prêt à un enfant ou petit-enfant peut comporter un risque. Pour être
fiscalement reconnu, ce prêt doit en effet être enregistré auprès des
impôts. Cette démarche n'empêchera toutefois pas d'éventuelles
contestations des autres héritiers. S'il n'existe pas de preuve des
remboursements, le prêt sera requalifié en donation.
Accepter
de se porter caution pour un emprunt bancaire n'entraîne en revanche pas
de conséquence particulière sauf, bien sûr, si le parent ou le
grand-parent en question finit par rembourser le crédit, à la place de son
enfant ou petit-enfant. La somme remboursée est alors requalifiée en
donation.
Il n'est pas interdit de faire des
cadeaux, et vous pouvez librement offrir du matériel électroménager ou
financer des travaux chez l'un de vos enfants. Pour ne donner lieu à
aucune possibilité de contestation ultérieure, ces cadeaux doivent
toutefois rester proportionnels à votre patrimoine.
Enfin,
la souscription d'un contrat d'assurance-vie intergénérationnel permet
d'anticiper les aléas que peut réserver l'existence et de prévoir le futur
coup de pouce. Le grand-parent effectue un don manuel classique au profit
de son petit-enfant. Mais il place la somme sur un contrat
d'assurance-vie, qu'il peut ensuite alimenter comme il le souhaite. Il
rédige parallèlement un pacte adjoint, qui permet de bloquer les fonds
épargnés jusqu'à l'âge choisi par le grand-parent. |