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Pacs : après dix ans de succès, des réformes s'imposent (avril 2009)
Dix ans après le vote de la loi qui l'a institué, le Pacte civil de solidarité est définitivement entré dans les mœurs. Mais, de l'aveu même du médiateur de la République, des aménagements doivent encore y être apportés.

Dix ans de succès. Voté en 1999 après des débats parfois houleux, le Pacte civil de solidarité connaît aujourd'hui un succès indiscutable. En 2008, 140.000 pactes ont été signés, ce qui représente une augmentation moyenne de 30% par an pendant 10 ans. Au moment de sa création, un Pacs était conclu pour neuf mariages. À ce jour, le rapport est de un pour deux. Par ailleurs, plus de neuf pactes sur dix concernent des partenaires de sexes opposés.

 

Des imperfections. À l'occasion de ce dixième anniversaire, le médiateur de la République a toutefois souligné les imperfections qui, à ses yeux, demeurent. Il regrette, en particulier, l’inégalité des droits des pacsés qui découlent de la nature de l’employeur (voir encadré) ou du pays où a été conclu le Pacs. En effet, il est aujourd'hui impossible de se prévaloir d'un partenariat enregistré à l'étranger. Les intéressés sont alors contraints de le rompre pour pouvoir signer un Pacs et bénéficier des droits afférents.

 

Plusieurs propositions. Pour remédier à cette inégalité, le médiateur de la République suggère donc d'introduire dans le Code civil une disposition permettant de reconnaître les partenariats étrangers, dès lors que la loi du pays où le pacte a été conclu n'est pas « contraire à l'ordre public français ». Dans un autre registre, il propose également de « réintroduire le droit au congé de quatre jours » pour les salariés qui signent un Pacs. Cette possibilité existait dans le texte initial, mais elle a été supprimée en 2007.

 

Pacs, capital décès et pension de réversion* 

Les deux principales propositions de réforme du médiateur concernent les droits des partenaires pacsés après le décès de l'un d'eux.

 

Le médiateur souhaite ainsi ouvrir le droit à pension de réversion aux partenaires d'un Pacs, comme c'est le cas « dans la plupart des pays européens ». Afin de « tenir compte de l'exigence de durée de vie commune minimum », cette possibilité serait limitée aux partenaires pacsés depuis au moins deux ans.

 

Enfin, le médiateur se prononce pour l'extension du « bénéfice du capital décès versé par certains régimes obligatoires** au partenaire lié à un fonctionnaire par un PACS ». Il juge en effet anormal que, contrairement au « partenaire d'un salarié relevant du régime général de la Sécurité sociale et celui d'un fonctionnaire territorial, le partenaire d'un fonctionnaire d'État décédé se voie refuser le paiement de ce capital décès ». Pour l'heure, seule la souscription d'un contrat spécifique auprès d'une compagnie d'assurance ou d'une mutuelle permet d'assurer la couverture du partenaire d'un fonctionnaire.

 

 

* voir http://www.cnp.fr/fre/cnp-profils/70ans3.html 
** Le capital décès est une indemnité versée aux proches d'un défunt pour leur permettre de faire face aux frais immédiats entraînés par son décès (notamment les frais d'obsèques).

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